mercredi 30 octobre 2013

Spécial Halloween : Sept pays anti-sorcellerie

Le responsable de la Jérusalem des Terres Froides a écrit dans un article précédent qu'il était content de vivre dans un État qui se veut non-religieux car il ne voudrait pas se retrouver dans un pays où il y a des lois anti-sorcellerie. Il avait été donné alors l'exemple de l'Iran, déjà mentionné à l'article Sorcellerie juive contre l'Iran !, et voilà qu'en cette période d'Halloween le site Care2.com publie une liste de sept pays où il y a encore ce genre de législation. La palme de l'horreur revient bien évidemment à l'Arabie Saoudite, qui non seulement a tout un arsenal juridique sur la question mais en plus sa police religieuse dispose une unité spécialisée anti-sorcellerie (Anti-Witchcraft Unit). Et comme il est mentionné dans l'article, l'accusation « sorcellerie » est un fourre-tout commode pour réduire au silence toute personne gênante pour les pouvoirs en place, comme c'était le cas dans les grands procès de sorcellerie de l'Europe de la Renaissance et les USA du temps des « sorcières de Salem » et comme c'est le cas aujourd'hui avec les qualificatifs « terroriste », « islamiste », « gauchiste », etc.

Est-ce que cet article de Care2 est complètement honnête et ne verse pas dans du sensationnalisme ? Il va de soi que les précautions d'usage sont de mise mais comme c'est le genre de sujet qui intéresse beaucoup la maison, il est repris ici tout en se gardant un marge d'incertitude sur sa valeur réelle. Remarquons quand même que dans les cas qui sont présentés ici, il y a en a quelques uns qui sont des condamnations pour des crimes comme des meurtres. Il n'est pas dit que tous les exemples mentionnés soient des « pures victimes innocentes » et qu'il n'y a pas de manipulations de la part de l'auteur...


---7 Countries That Still Kill "Witches"---

Par Piper Hoffman
Paru sur Care2 le 26 octobre 2013

7 Countries That Still Kill “Witches”

You know how the long-ago witch hunts were stupid and hateful? What a relief those days are over.

Except they’re not. In many countries, people are still killed on suspicion of witchcraft. United Nations experts cautioned in 2009 that murders of women and children accused of sorcery were on the rise. Following are just a few of many examples from around the world.

1. Saudi Arabia

Saudi Arabia’s religious police department has an official Anti-Witchcraft Unit that it dispatches to catch sorcerers and break their spells. In 2007, the Saudis executed an accused sorcerer. A woman awaiting the death penalty for alleged witchcraft died in prison.

Like the New England witch hunters of yore, those in Saudi Arabia use magic as a convenient excuse to silence inconvenient people. Accusations of sorcery have been leveled against foreign women working as domestics for Saudi families who charge their employers with sexual assault, according to Saudi Arabia expert Christoph Wilcke.

2. Tanzania

This east African country killed approximately 600 elderly women on charges of witchcraft just two years ago. The Pew Forum on Religious and Public Life found a strong and pervasive belief in magic among Tanzanians. It sometimes leads to reverence rather than murder. One woman who claims to be a witch charges between $20 and $120 for services including medical cures and exorcisms — in a country where the average income is under two dollars a day.

3. Gambia

Gambia’s dictator Yahya Jammeh rounds up, tortures and kills his citizens under the pretext of hunting for witches. Amnesty International estimates that at least six people died after Jammeh’s minions forced them to drink a mixture of unknown substances. Dozens more hallucinated and suffered severe and lingering pain. Those who survived suffered shame from the accusation in a country where people believe in and condemn witches.

4. Nepal

Last year a mob burned an accused witch alive after a shaman said she killed a boy. Their faith in the shaman suggests that Nepalis believe that sorcery can be used for good, but the punishment for black magic is death. This year another mob beat a 45-year-old woman to death based on accusations that she cast a spell on a neighbor’s daughter. The Nepali government is not on board with killing witches: police arrested three women suspected of participating in the murder. In the past it sentenced men to 20 years in prison for killing a woman suspected of practicing black magic.

5. India

Last June, a primarily female crowd killed two women believed to have murdered several children through witchcraft. As in Nepal, police arrested people suspected of participating in the mob. Some Indian states have adopted laws banning violence against people suspected of witchcraft.

6. Papua New Guinea

A crowd tortured and murdered a young mother accused of killing a boy through sorcery. They burned her alive before a large audience, some of whom broke off to chase police away before they could intervene. The prime minister lamented that violence against women is increasing because of the popular “belief that sorcery kills,” despite a law that specifically prohibits burning suspected witches.

7. Uganda

After burning a man’s house down and driving him from his village, locals tied him up and beheaded him for alleged witchcraft. While Ugandans kill some suspected witches, they pay others to help them with things like ensuring job security.

This is a small sampling of countries where natives believe in witchcraft and kill people for it. While the governments of some nations, including Saudi Arabia and Gambia, embrace this belief and use it to their own ends, others are working to end it. Either way, accusations of black magic empower people to eliminate individuals they dislike and to terrify others into conformity.

It all makes Halloween witch costumes a little less funny.

mardi 29 octobre 2013

Spécial Halloween : Un repassage mondialiste contre Aleister Crowley et Peaches Geldof

Puisque nous sommes actuellement en période d'Halloween, le tabloïd mondialiste anglais Express a jugé propice de revenir à la charge contre Aleister Crowley,  Peaches Geldof et l'Ordo Templi Orientis. C'est le principe-même de la propagande; répéter, répéter, répéter jusqu'à saturation, jusqu'à ce que cela semble « aller de soi ». La Jérusalem des Terres Froides avait suivi cette affaire de la fille de Bob et son intérêt pour les livres de Crowley au début de mai de cette année (le 2, le 5 et le 6). Il était souligné que sur ce sujet, les massmédias mondialistes et les zozotériques soraliens s'entendent comme larrons en foire; ils ont le même avis. Alors qu'ils sont les premiers à venir dire que les massmédias sont des menteurs, dès qu'il s'agit de la campagne de salissage contre Aleister Crowley, les zozotériques soraliens prennent les propos de ceux-ci comme une pure parole d'Évangile...

L'article que la JTF reprend ici est un peu plus étoffé que ceux de mai. Il y a les propos de trois imbéciles : un « wicca blanc » qui se la joue « païen » avec des présupposés chrétiens gros comme une montagne, un protestant et un catholique dont leur « foi » les oblige à croire que Crowley est satanique (ainsi que tout ce qui ne relève pas de leur propre dénomination religieuse). Le premier est le plus affligeant; pour en avoir rencontré plusieurs en tant que libraire ésotérique, votre serviteur connaît ces prétentieux qui affirment ne pratiquer que de la « magie blanche ». Très souvent, le qualificatif « blanc » n'est qu'une excuse pour se dire meilleur que le voisin et en plus, on les voit souvent pratiquer leur magie « irréprochable » et ne pas être les personnes les plus agréables à côtoyer dans le reste de leur vie profane. Dans le cas de ce Kevin Carlyon, l'auteur de ces lignes ne saurait dire s'il s'agit d'une de ces personnes mais quoiqu'il en soit, ses histoires de « white witches » et de « black arts » démontrent qu'il ne sait pas de quoi il parle. Quand on connaît réellement « le blanc », on connaît forcément « le noir ». Une invocation d'ange et une évocation de démon (pour rester dans le mythe chrétien), c'est la même chose au niveau de la pratique rituelle. La seule différence est dans l'orientation donnée, avec le type d'offrande, l'état mental exigé, l'horoscope favorable, etc. Et pour ce qui est de « baisser ses culottes » dans l'OTO, s'il est vraiment un « high priest of witches » il devrait être conscient des liens intimes entre la magie et la sexualité et qu'enseigner ce qui les relie ne signifie pas nécessairement « passer par la couchette ». Son histoire de recommander un monitoring de l'OTO ressemble davantage à un coup bas d'un concurrent à un autre dans le même business qu'à une philosophie d'élévation spirituelle. À ce compte-là, il faudrait aussi faire ce même monitoring à de nombreux groupes de style « wicca » et « white witches » comme celui de M.Carlyon ; des initiations et autres rituels où il y a obligation de « baisser des culottes » (pour la déesse-Nature et le dieu-Cornu), ça s'est déjà vu en mode « sorcière ». Le responsable de la JTF ne mets pas toutes les wiccas dans le même sac, les « sectes-sorcières » ne sont pas la norme dans cette mouvance mais elles existent également et pour ce qui est de l'OTO, il faudrait savoir de quel groupe il s'agit car comme il a déjà été expliqué le 2 mai dernier, « OTO » est un acronyme très généraliste qui englobe plusieurs courants très différents, aussi différents que peuvent l'être sunnisme et chi'isme.

Pour ce qui est des deux chrétiens, ils racontent évidemment qu'il y a une pléthore de groupes satanistes et que la ligne qui sépare occultisme et satanisme est floue et ténue. Rien de nouveau de ce côté. Et pour ce qui est de madame Geldof, l'auteur de ces lignes doute encore du sérieux de sa démarche. Peut-être s'est-elle attelée réellement et sincèrement au travail du « Grand Oeuvre » mais jusqu'à preuve du contraire, il est permis de penser qu'il ne s'agit là que d'un divertissement de bourgeoise désoeuvrée et que ça lui passera comme le reste...



Ceux et celles qui désirent aller plus loin de façon sérieuse sur Aleister Crowley peuvent toujours aller voir cette entrevue de Tobias Churton à Watkins Books, auteur de la plus récente biographie du natif de Leamington Spa.

---Youngsters lured into the world of Satan by Halloween---

Par James Murray
Paru sur le site de l'Express le dimanche 27 octobre 2013

YOUNG people caught up in the spirit of Halloween are being urged to beware Satanic groups seeking new recruits through the internet.

White witche Kevin Carlyon is worried that young people are being drawn to the black arts
White witche Kevin Carlyon is worried that young people are being drawn to the black arts.

Kevin Carlyon, the high priest of British white witches, warned last night that there has been a huge resurgence of interest in witchcraft.

“Unfortunately some people are then showing an interest in certain groups which in my view do not ­represent the core beliefs of a love for the god and goddess of nature.

“On the internet there are charlatans offering to do ouija board ­sessions and tarot card readings for ridiculous sums of money and they should be avoided at all costs.”

Carmarthenshire Congregational minister the Rev Felix Aubel told the Sunday Express: “People can spend an awful lot of money and not realise they are being drawn into something which could also cause them psychological harm.”

Mr Carlyon said the authorities should monitor some groups, including the controversial O.T.O., because of the alleged sex rituals held during some meetings. “I constantly tell people that nothing in witchcraft involves taking your clothes off,” he said. The European headquarters of O.T.O., which stands for Ordo Templi Orientis (Order of the Temple of the East), is just a street away from Kevin’s home in St Leonards-on-Sea, East Sussex.

Infamously, it was once run by occultist, heroin addict and kinky sex advocate Aleister Crowley, who died in nearby Hastings aged 72 in 1947.

His disturbing teachings in several books live on with believers in O.T.O. lodges across the country. Singer Bob Geldof’s daughter, Peaches Geldof, has an O.T.O. tattoo on her arm and has in the past urged her Twitter followers to buy Crowley’s books, which include one on ­so-called “sex magick”, involving ritualistic sex.

witchcraft, halloween, witch, satan, sex, cult, peaches geldof, tarot, ouija, satanic, oto, o.t.o.,
Peaches Geldof has urged fans to buy Aleister Crowley's book

Peaches, who used to live in Hastings with her late mother, television star Paula Yates, does not speak about her apparent interest in the group and her agent did not return a call to the Sunday Express. An investigator seeking to join the Shemesh (Hastings) Lodge was denied membership after meeting a member called Sheldon in a pub.

At one point during the “interview” Sheldon said the Bible was full of lies and offered the view that he does “not have a problem with sex magick”. He declined to give an interview to the Sunday Express. In an e-mail he said: “Do what thou wilt shall be the whole of the law. Love is the law, love under will.” Crowley died in a nursing home in Hastings, which is now the Robert de Mortain pub.

Manager Thierry Brecqueville said: “This year there has been a huge interest in Crowley.

“His followers come and want to know exactly where he died. It was supposed to be room 13 of the home, which is now the main room of the pub. Some of them ask to stay the night but we don’t have any rooms to let. I have no idea what they want to do in the middle of the night, but you can guess.

“Crowley’s ghost has apparently been seen outside. A lot of young people seem interested in him.”

Kevin Carlyon believes there are tens of thousands of witches in Britain and the number is rising, partly fuelled by an explosion of pagan-related websites.

witchcraft, halloween, witch, satan, sex, cult, peaches geldof, tarot, ouija, satanic, oto, o.t.o.,
Peaches Geldof's O.T.O. tattoo

A census recorded 1,000 witches in Suffolk and some 200 witches in Wales, where followers of black arts have been criticised by the Bishop of Monmouth for holding sick rituals on sacred ground.



Bishop Dominic Walker said he had been called on several times to help people escape the clutches of Satanic groups.

He said: “Those who belong to occult groups – where someone has got into a black magical group or satanic group – can find it very difficult to get out.

“There can be peer pressure and sometimes they’re controlled by fear. They’re told if they leave, if they disclose any of the secrets, they’ll be cursed. It’s a sort of religious ­version of belonging to a gang.”

vendredi 25 octobre 2013

Une leçon de sagesse par la chiromancie chinoise

Le responsable de la Jérusalem des Terres Froides apprécie beaucoup la transcription et la présentation ici de textes courts qui lui semblent pertinents. Ce travail lui permet d'intérioriser davantage ce qui lui est significatif, au-delà d'une simple lecture et réflexion. Jusqu'à présent, il y a eut quelques textes provenant entre autre de Bertrand Méheust, Frater U.: D.:, Nicolas Tereshchenko, Arthur C. Clarke et Denis Labouré.

Ici nous avons une petite surprise inattendue. Parmi ses trouvailles dans les écoulements de livres, votre serviteur a trouvé un magnifique exemplaire couverture rigide avec chemise et plastique protecteur d'un ouvrage sur la chiromancie chinoise, Chinese Hand Analysis de Shifu Terence Dukes, paru en 1987 chez Samuel Weiser. Au prix énorme d'un seul dollar, ce livre fait maintenant parti du fond documentaire de la JTF. Pour ce genre de littérature, il s'agit d'un ouvrage très bien, avec de nombreuses références au bouddhisme chinois et à l'ésotérisme oriental, suivant la méthode dite Wu Hsing. Mais surtout, il y a un petit passage qui clôt le premier chapitre dont la portée dépasse largement les histoires de lignes de la main. C'est pratiquement une petite leçon de vie applicable en tout et elle ne pouvait pas ne pas être rapportée ici. Ce qui suit sont les pages 6 et 7 du livre, avec le titre de ce sous-chapitre.

---Heurism and ontological processes---

The word heurism stems from the same root as Archimedes' eureka (I have found in !). It describes a particular attitude towards study. Heuristic study is self-programmed and assessed. It is a program of advancement in which tests or examinations are seen only as guides to self-evaluation. A student should understand what he or she knows. Apart from actually living full time with the teacher, it is impossible for another person to completely assess the students's talents. Heuristic study stresses self-responsability and encourages independence, for both qualities are vital to the potential teacher or student. By encouraging prior consideration of one's course of study, heurism helps develop the calm clear-mindedness attained by the masters.

Heurism also gets rid of the emotional or psychological dependance which so easily develops in those willing to immerse themselves totally within a structured, rigid system of education. The motive of heurism is similar in nature to that of meditation : it is intended to develop independent, self-experienced insight into one's real nature. Heuristic studies are not opposed to the rigid educational systems. They take most effect within these, for by re-orientating a student's attitude towards self-evaluation, they grant him or her freedom, along with responsability, from the system itself - and release the student from useless social demands and evalutions.

Heurism is not an excuse for slackness nor is it a means of evading achievements when followed properly, although weak-willed students can sabotage its good effects as effectively as they can other systems. The onus is primarily on the student's motivation. Heurism is a very ancient and very modern concept. Ancient races based their knowledge on direct experience; the best modern scientists also do this. A course designed to encourage students to follow the guidelines suggested by a tutor continually develops the participants' awareness of the object of study and the subject experiencing such awareness.

The ancient Oriental Buddhists distinguished very carefully between apparent and ultimate reality, and showed most clearly that much of our understanding arose from taking the apparent for the real. That which is ultimately real is beyond predication, existing only as a concept to those who have not attained its experience. When we set about approaching this experience, the catalyst that enables us to realize it is, in fact, our own mind. In order to progress we must come to know this mind very well, not just its obvious or unthought of aspects, but also its very essence. Ontology - the study of the nature of being - is thus inseparable from individual progress. It is assumed throughout the initial phases of research that we actually understand what we experience ; such an assumption is foolish, to say the least. Experience can often be "experienceless" in nature if we do not understand who or what experiences it.

The Buddhist monk Sangharakshita has a masterful taxonomy for non-experience. He describes two manifestations of this as alienated awareness and integrated awareness. Alienated awareness is awareness without genuine experience of awareness. Integrated awareness involves this experience of awareness. True heurism leads to autonomous and integrated awareness of the subject matter in hand. Pseudo-heurism leads nowhere.

All too often a field of study can be incompletely understood. Such partial mastery can be at best self-deceptive and at worst dangerous. The yoga student who identifies consciousness with the body is already divorced from yoga. The martial arts practitioner who mistakenly believes techniques are effective realizes they are not when he is about to be killed by an assailant, and his students will probably fare the same. The cheirologist who gives clients mistaken, ill-timed or incomplete guidance has already increased suffering. Incomplete self-understanding continually modifies or inhibits its possessor and misleads its recipients. At every level we should never rest content with the praise or approval of others. Nor should we praise ourselves. Heuristic attitude, by invalidating the environment, causation, and the effect of self-deception, serves as a cautionary method of attaining real experience and understanding of others. Only from such beginnings can we begin genuine study.

Shifu Terence Dukes

dimanche 20 octobre 2013

Vous avez dit « Islamophobie » ?

Les prêcheurs de haine nous disent toujours que le mot Islamophobie est un mot-muselière inventé par les plus hautes autorités du chi'isme iranien à la fin des années 70. C'est Caroline Fourest qui a donné cette origine du mot et bien entendu, comme toujours avec ce genre d'affirmation lancé par les massmédias, aucune preuve historique probante n'a été donné à l'appui. Qu'importe, pour tous ceux qui se voient comme les lumineux chevaliers du monde libre contre la barbarie verte, c'est bien assez et le cas est réglé. « Islamophobie est une crosse islamiste », un point, c'est tout (pardonnez le québécisme). Et si vous les contestez, vous êtes automatiquement qualifié « idiot utile » et « cinquième colonne islamiste », pour être sûr qu'eux-mêmes ne soient pas plongés en dissonance cognitive.

Quoiqu'il en soit, le responsable de la Jérusalem des Terres Froides ne considère pas Caroline Fourest comme étant un argument crédible. Il demande à voir où le mot Islamophobie a été vu dans l'appareil d'État iranien et ne connaissant pas lui-même le persan, il va s'assurer que cette langue ne contient pas d'agglutinations de circonstance, une garantie que ce qui lui sera montré peut réellement être traduit par « islam » et « phobie » joints ensemble. Et gare aux tentatives de manipulation, l'auteur de ces lignes est conscient de tout ce qu'implique deux familles linguistiques radicalement différentes (même si elles ont le même « tronc » indo-européen originel).

Pour l'heure, votre serviteur a entre les mains le dictionnaire français-persan Rahnama édition 2006, paru et imprimé à Téhéran avec l'ISBN 964-367-092-9, qu'il a trouvé dans un magasin de vente à rabais du genre « Armée du Salut », « Saint-Vincent de Paul », « Renaissance » ou « Village des Valeurs » il y a quelques années. Il le consulte pour y constater qu'il y a le mot islam, le qualificatif (au sens très général) islamique mais pas islamophobie. C'est vrai qu'un dictionnaire « de poche » de plus de mille cent quelques pages n'est pas une preuve suffisante mais comme il est daté de plus de 25 ans après l'origine du mot selon Fourest et que ce dictionnaire a paru avec l'imprimatur des mollahs, pourquoi s'être privé de placer le mot islamophobie à cet endroit si le régime iranien veut que ce mot soit diffusé à la grandeur de la planète ?

Ceci dit, la Jérusalem des Terres Froides n'utilise jamais islamophobie. Dans sa racine, il signifie « phobie de l'Islam » et cette association est justifiée selon les règles de la grammaire française. Or, ce dont il est question ici n'est pas de la peur, justifiée ou irrationnelle, de l'Islam. Ce dont il s'agit ici, c'est justement ça : dans ces temps de perdition et de décadence, certains citoyens occidentaux sont si désoeuvrés dans leur monde intérieur qu'ils ont besoin de compenser en s'imaginant être des chevaliers Jedi luttant contre des bêtes qui ne vivent pas pour elles-mêmes mais qui veulent uniquement détruire leur précieuse « civilisation », leur précieuse « race blanche » (le principe de « l'ennemi absolu » bien connu à Hollywood). Cette idée de « combattant blanc lumineux de la liberté » est une hubris, une forme d'envoûtement, qui crée une extase comme une drogue et qui rend dépendant. C'est ce qui motive les Réjean Labrie, Olivier Kaestlé, « lison », Jean Lespérance et tout le reste de la cohorte des vigiliens, de même que ceux qui sont séduits par les propos des Point de Bascule, Poste de Veille, Bivouac-ID et tout le reste de ce « shit » idéologique. C'est pourquoi ici il n'est jamais question d'islamophobie mais bien de prêches-haine. Leur seul but est de se consolider un bloc identitaire parce qu'ils en sont rendu à voir la vie comme un film hollywoodien ou un jeu-vidéo de guerre. Qu'ils partent en guerre contre tout ce qui ressemble à de l'arabo-musulman s'ils le veulent mais votre serviteur ne veut pas embarquer dans leurs histoires. S'il est content de ne pas vivre en régime théocratique pour pouvoir étudier la magie et l'ésotérisme tant qu'il veut, il ne désire pas non plus gâcher sa vie pour une bande de névrosés qui projettent sur l'Islam leurs propres troubles personnels, et encore moins pour une bande de sionistes derrière qui eux ont ouvertement un projet d'esclavage pour l'ensemble de l'humanité, en passant par une guerre contre les Arabes, les Iraniens, l'ensemble des Musulmans pour finir avec la confrontation ultime Atlantisme Vs Coopération de Shanghai.

La JTF ne résiste pas à l'envie de conclure cet article inopiné par deux commentaires que votre serviteur a écrit sur Vigile il y a plus d'un an, du vivant de Bernard Frappier. Le premier est une réponse au grand délirant « anti-rouge » et « anti-vert » Jean-Louis Pérez-Martel mais dont le propos s'applique à l'ensemble des prêches-haine qui ont été abordés ici, directement ou indirectement. Il paru originellement sous forme de commentaire et il a été repris par le gestionnaire du site pour en faire une tribune libre en elle-même, à laquelle il a rajouté une capsule-vidéo d'Aymeric Chauprade . Le second est aussi un commentaire mais il est resté dans cet état. Ce dernier explique en termes « magiques » les conséquences d'une fixation mentale prolongée sur les histoires de guerre contre les menaces rouge et verte. Ces deux reprises témoignent de ce qu'il était possible d'écrire sur ce site avant qu'il soit accaparé par la bande d'opportunistes appelée « les Amis de Vigile ».

---Réplique à "À tous ceux qui veulent prendre en otage le PQ" - Prendre nos distances d'avec les volontés impériales---

Paru à la tribune libre de Vigile.net le 17 juin 2012.

Le propos de Perez-Martel est une bêtise affligeante. S’il veut faire peur avec l’épouvantail de "l’islamisme", qu’il aille se faire engager au Journal de Montréal avec Martineau, Duhaime et Facal. Là il trouvera des gens "à son niveau", aussi "conscientisés" que lui face au "péril vert".
La soi-disant "menace islamiste" n’est qu’une construction médiatique pour maintenir les populations occidentales dans la peur (cette peur qui fait surconsommer et qui empêche toute réflexion critique) et pour s’assurer de leur appui lors des agressions américano-sionistes contre des pays à majorité arabe et/ou musulmane. À chaque fois qu’on entend parler d’attentats "islamistes", on découvre à chaque fois l’implication, soit de la CIA, soit du Mossad ou tout autre service secret du bloc BAO, toujours dans des buts de contrôle des populations occidentales et d’appropriation des réserves pétrolières. Comme dans le 1984 d’Orwell, où les autorités du pays attaquent elles-mêmes leurs propres populations pour les maintenir dans la crainte et constamment mobilisées.
Le discours délirant de Perez-Martel n’est pas nouveau. C’est le bon vieux discours du "péril rouge", où les communistes étaient censés s’infiltrer partout et utiliser les lois locales pour les détourner et installer une "dictature prolétarienne" mais remis au goût du jour avec une saveur de guerre des religions. Sans compter que cette lutte contre la "menace verte" est fort utile pour faire taire ces associations occidentales qui prennent la défense des Palestiniens contre l’agresseur sioniste. Ce n’est pas pour rien qu’ "Israël" est le "pays" qui insiste le plus sur cette fantasmagorie de "péril vert".
Ce que Perez-Martel n’a pas compris dans ses idées de "grande croisade contre le croissant", c’est que l’idée d’État du Québec n’est pas uniquement un projet d’épanouissement d’une nation ; c’est aussi une volonté affichée de prendre nos distances d’avec les volontés impériales de Washington, Londres, Tel-Aviv et Ottawa. Faire la souveraineté du Québec pour ensuite s’allier inconditionnellement avec l’Otan et "Israël" dans un prétendu "choc des civilisations", comme le prône ce collègue à Martineau et Facal qu’est Bock-Côté, est un non-sens complet. Comme par "hasard", ceux qui aujourd’hui font la grève pour les frais de scolarité sont également ceux qui s’opposeront à ce que leur nation parte en guerre pour satisfaire la hubris mondialiste de quelques vestons-cravates de Wall Street, de la City et de ces militaires occidentaux qui ont trop joué au jeu de plateau RISK quand ils étaient jeunes.
Quand aux "dix millions", ce n’est pas parce qu’il y aurait dix millions de Musulmans en France qu’ils sont tous "islamistes militants". Sauf si dans le cerveau de Perez-Martel, Musulman = Islamiste et que tout pratiquant de l’Islam est une menace potentielle (dans ce cas, une seule solution possible : "vitrifier" environ 20% de la population mondiale). Ce chiffre volontairement exagéré pour faire menaçant, c’est exactement le genre de manoeuvre utilisé par les médias mainstream pour nous faire avaler leur couleuvre d’agenda mondialiste.
Perez-Martel me dit qu’il y a vraiment eu des attentats "islamistes" ? Je lui réponds que les agences de renseignement du bloc BAO connaissent depuis longtemps la psychologie et les techniques pour fabriquer de toutes pièces des sectes qui feront le sale boulot à leur place (les fameuses opérations sous faux-drapeau). Comme le rappelle l’excellent analyste international Aymeric Chauprade, le terrorisme est d’abord et avant tout le fait d’États bien organisés et disposant de beaucoup de moyens. Pas de crétins réfugiés dans une grotte en Afghanistan ou autre bled perdu de la planète.
Mais le cas de Perez-Martel n’est pas désespéré. Il peut toujours aller se faire engager au 98.5 FM avec Maréchal, Dutrizac et Pronkin. Là il trouvera chaussure à son pied. Il pourra se dire "je ne suis pas seul" et de là se justifier "j’ai raison, sus au péril vert". S’il n’est pas engagé par le 98.5 FM ? Qu’il se rabatte sur le net avec Point de Bascule ou Bivouac-ID et autre officine officieuse sioniste. Là aussi, il se retrouvera dans son élément et pourra vociférer à qui mieux mieux "mort aux islamistes/musulmans".
Charles Tremblay

---Le front commun HMCH-NPD-CK* contre le PQ-Marois (commentaire accompagnant le texte)---

Paru sur Vigile.net le 25 juin 2012

Mon cher Pérez-Martel, je vais vous révéler un Secret : plus vous serez "ANTI-marxiste", plus ce que vous appelez "marxisme" se portera mieux. Pire, plus vous l’attaquerez, plus il fera partie de votre identité et plus vous serez dépendant de lui. Vous vous identifierai tellement à votre "combat contre le mal" que vous ne pourrez plus vous en passer et votre santé mentale sera sérieusement ébranlé quand vous verrez des faits réels qui ne correspondent pas à vos représentations mentales (car on dira ce que l’on voudra, le "marxisme", le "fascisme", la "démocratie", le "patriotisme", la "liberté d’expression", etc, sont d’abord et avant tout des représentations mentales et non des faits purs et durs de science matérialiste empirique).
Je vous écris cela par considération pour vous. Car si vous persistez dans votre trajectoire actuelle, vous n’aurez aucune chance de découvrir votre nature profonde si vous êtes toujours envahi dans votre tête par ces images de hordes "marxistes" et "islamistes" guidées par super-Genghis Khan rouge-vert-noir qui vont déferler à tout moment. Ne pouvant découvrir qui vous êtes en réalité, vous ne pourrez jamais être heureux et pleinement comblé de votre vie, vous serez toujours sujet aux dissonances cognitives entre vos représentations mentales et la réalité, vous serez toujours très proche de la dépression (triste, agressive ou les deux), vous serez invivable pour vos proches et vous mourez plein de regrets. Je ne souhaite cela à personne.
Qui plus est, comme tend à nous le démontrer la physique quantique maintenant, l’Univers prend la forme de notre regard. Ce qui fait que si vous regardez votre partie de l’Univers à partir d’un objectif anti-Marxiste, anti-Islamiste, vous tomberez toujours dans votre vie personnelle sur des situations qui exacerberont votre sentiment "anti" (car avant d’être un "fait rationnel et cartésien", "l’anti" est d’abord un sentiment, une émotion, un ressenti). Pourrez-vous jamais être heureux si vous êtes toujours "en tabarnak" et sur le qui-vive du prochain assaut de la "horde" ? N’avez-vous pas peur de devenir ce que vous haïssez justement, aveuglé par la haine de quelque chose qui est sécrété par votre propre mental ? L’hindouïsme et le bouddhisme nous ont déjà averti sur la démence du mental humain quand il est déchaîné.
Chacun est libre de ses choix, si une telle chose existe. J’ose croire que vous finirez par être heureux en vous connaissant pleinement vous-même, Jean-Louis Pérez-Martel, et que cette nouvelle sérénité que vous émanerez apporte davantage à l’humanité que votre "combat actuel" contre vos moulins rouge-vert-noir.
Namasté
Charles Tremblay

samedi 19 octobre 2013

L'incohérence de la filiation initiatique de René Guénon

Le responsable de la Jérusalem des Terres Froides s'intéresse aux sujets ésotériques depuis une bonne vingtaine d'années et il a travaillé pendant 5 ans à la Librairie Nouvel-Âge du 1707 Saint-Denis à Montréal. De par sa position au Québec, l'auteur de ces lignes s'estime privilégié : il a accès autant à ce qui se publie en France qu'aux États-Unis.

À la suite de toutes ses observations et après une altercation avec Salim Laïbi sur les forums d'Égalité et Réconciliation en 2011, votre serviteur s'est toujours demandé pourquoi de nombreux ésotérisants français étaient aussi obsédés par René Guénon. Car celui-ci est pratiquement adulé et est cité constamment comme l'Alpha et l'Omega de l'ésotérisme. La Librairie Nouvel-Âge était la seule librairie québécoise qui disposait de sa section consacrée « René Guénon », avec tout ce qu'il y a de disponible des écrits de l'homme et des commentaires qui ont été faits sur son œuvre, donc le responsable de ce site a pu consulter l'ensemble de la bibliographie du natif de Blois, y compris les parutions les plus rares des Éditions Traditionnelles comme L'Erreur spirite ou Le Théosophisme. Il n'y a que le livre sur Saint-Bernard qui ne s'est jamais retrouvé entre les mains de votre serviteur.

Si René Guénon est extrêment populaire dans les milieux ésotérisants français, par contre il est pratiquement inconnu dans les milieux ésotérisants états-uniens. Il y a bien quelques livres de Guénon traduits en anglais mais ça reste anecdotique et il n'y a eu aucune influence réelle. C'est donc qu'on peut facilement se passer de Guénon car les milieux ésotérisants états-uniens ne sont pas moins évolués que les milieux français. C'est même l'inverse : la pensée ésotérique française est sérieusement en retard sur l'états-unienne. Il semble que de nombreux Français soient encore coincés dans les schémas « traditionnalistes » exprimés dans l'entre-deux guerres.

C'est peut-être une obsession pour les filiations initiatiques qui amène les Français à porter aux nues l'homme qui s'est converti à l'Islam à la fin de sa vie. Car qui dit « filiation initiatique », dit « Dieu davantage présent ici que là », c'est donc un argument fort pour s'imaginer meilleur que les autres, pour faire dans l'élitisme. C'est d'ailleurs précisément cette histoire de filiation et de lignée qui amène les Franc-Maçonneries bourgeoises à s'imaginer être au-dessus du peuple et votre serviteur a bien vu de par son expérience personnelle que ceux qui achètent le plus les livres de Guénon sont des maçons. Pas étonnant qu'il ait existé une loge René Guénon dans la maçonnerie suisse.

Il est vrai que la France est un pays catholique, et le catholicisme est également une religion qui a une prétention de filiation (la « succession apostolique »). Peut-être l'intérêt français pour Guénon provient de cet inconscient collectif encore fortement imprégné de catholicisme, qui sait ?

Pendant un moment, l'auteur de ces lignes avait envie de remettre les pendules à l'heure par rapport à Salim Laïbi et sa révérence pour Guénon très proche de l'idolâtrie. Puis après réflexion, il a été décidé qu'une attaque directe contre la marionnette d'Alain Soral n'est pas ce qu'il y a de plus productif. Dans son fond documentaire, la Jérusalem des Terres Froides dispose d'un livre qui contient une excellente réfutation des thèses guénoniennes de la filiation. Plutôt que de faire une charge contre l'homme de la « sorcellerie des élites », votre serviteur a jugé préférable de recopier ici ce passage plein de bon sens.

Le livre en question a déjà été mentionné sur ce site, il s'agit de l'Initiation à la magie de Denis Labouré, paru chez Charles Antoni l'Originel en 1994. La réfutation de la filiation guénonienne est le dernier chapitre de l'ouvrage, le dixième, qui porte comme nom « Quelle filiation ? » et qui va des pages 149 à 168. Il y a onze notes de fin d'ouvrage qui ont été recopiés avec le texte, dont la note #3 qui est l'une des plus longues que votre serviteur ait vu de sa vie. Elle se divise en paragraphes et elle va des pages 166 à 168.

La Jérusalem des Terres Froides considère que présenter et faire circuler ce texte est une œuvre d'utilité publique, même s'il ne devait y avoir que deux ou trois visiteurs. Le texte a été recopié intégralement, y compris les éventuelles fautes d'orthographe et l'absence des accents sur les majuscules. Merci de votre attention et bonne lecture.


---Quelle filiation ?---


"Nous savons tous que le Tout-Puissant plein d'amour et de miséricorde peut, quand il voudra, faire naître, des pierres, même des enfants d'Abraham".

Jean-Baptiste WILLERMOZ
lettre au baron de Turkheim
du 21-31 mars 1822.

La filiation (1)

Dans les courriers reçus à la suite de mon ouvrage Les enseignements qabalistiques de la Golden Dawn, une même question ne cesse d'être posée ; quelle est la filiation des "temples GD" existants ? Parmi les temples qui fonctionnent actuellement, lesquelles disposent d'une filiation ?

Dans l'esprit des étudiants, la filiation paraît constituer un label de qualité, au point que certains occultistes contribuent à la mystification bon gré mal gré. S'ils ne se justifient pas d'une filiation, ils ne seront pas écoutés ! Cela est vrai pour la Golden Dawn, mais cela l'est également pour tous les Ordres initiatiques (2).

Dans cette annexe, j'étudierai le problème de la filiation en général, tel que l'a présenté René Guénon, puis tel qu'il se dégage du Corpus Hermeticum, auquel se rapportent les trois sciences hermétiques : magie, astrologie, alchimie.

René Guénon et la transmission virtuelle

L'insistance sur la notion de filiation découle des ouvrages de René Guénon. Pour présenter au lecteur le point de vue de cet auteur, j'emprunterai à l'excellente étude de Julius Evola, Des limites de la "régularité" initiatique (Krur 1929, in Ur et Krur, éditions Archè).

Pour René Guénon, l'initiation consiste en un dépassement de la condition humaine : chose impossible avec les seuls moyens de l'individu. Ceci pouvait encore avoir lieu aux origines, à l'âge d'or, pour un type humain fort différent du type actuel ; aujourd'hui, une intervention extérieure serait au contraire nécessaire, à savoir la transmission d'une "influence spirituelle" chez le candidat à l'initiation. Cette transmission s'effectue rituellement par l'intermédiaire d'une organisation initiatique régulière. Telle est la condition fondamentale : si elle n'est point satisfaite, René Guénon estime qu'il n'y a pas d'initiation effective, mais seulement une vaine parodie de celle-ci, la "pseudo-initiation". Inversement, la transmission des influences spirituelles est réelle, même si l'initié n'en a pas conscience.

La régularité d'une organisation repose sur le renvoi à une chaîne ininterrompue qui se perpétue dans le temps à travers des représentants réels, jusqu'à un centre suprême et unique. Afin que la transmission des influences spirituelles conditionnant le développement initiatique soit réelle, il suffit que les rites requis soient exactement accomplis par celui qui est régulièrement désigné pour une telle fonction : que celui-ci comprenne ou non les rites ; qu'il croie ou non à leur efficacité, ceci n'a guère d'influence sur l'acte. Tant que la chaîne est ininterrompue et que les rites sont effectués correctement, une organisation initiatique ne cesse pas d'être capable de conférer l'initiation, même lorsqu'elle ne compte que des "initiés virtuels", qui ont perdu toute trace de vrai savoir ou de réalisation personnelle.

Comme nous le verrons plus loin, l'Eglise catholique romaine maintient un point de vue analogue à l'égard de l'ordination sacerdotale et de l'efficience des rites. Un prêtre démissionnaire ou suspendu conserve les pouvoirs de prêtrise, que l'Eglise lui accorde ou lui refuse l'autorisation administrative de les utiliser. Il a effectivement reçu ses pouvoirs, même si l'évêque qui les lui conféra par l'ordination était un individu dénué de toute valeur personnelle.

Quant à l'impétrant à l'initiation, pour obtenir la transmission des "influences spirituelles", on demande qu'il soit qualifié pour ceci. Une telle qualification concerne le plan physique (absence de certains défauts corporels) et mental (présence d'une aspiration précise, d'une vocation). Par la transmission des "influences spirituelles", on devient un "initié virtuel". Un changement intérieur vient à se produire, lequel - de même que le fait d'appartenir à l'organisation à laquelle on s'est relié - sera indélébile et subsistera une fois pour toutes. Pour devenir effective, l'initiation virtuelle doit être suivie d'un travail actif que nul instructeur ne peut accomplir à la place de l'impétrant (étant donné qu'existent divers grades d'initiation, il en va de même pour chaque grade). Les représentants d'une organisation initiatique ne peuvent que diriger, contrôler, assister ce développement et prévenir des déviations possibles.

Analyse critique de la position guénonienne

Du point de vue de l'hermétisme (et des évangiles) qui ne considère pas la créature séparée de son créateur, un simple constatation suffit pour que s'effondrent les positions thomiste et guénonienne : la transmission virtuelle a pour objet de faire Dieu être là plus qu'il ne l'est déjà, ce qui n'a aucun sens. Mais examinons de plus près la position de René Guénon.

A qui s'adresser ?

Car ce bel exposé n'est qu'une abstraction. Une organisation humaine, une religion, un Ordre initiatique ne sont au mieux qu'une manifestation des principes spirituels pour lesquels ils oeuvrent, une extériorisation soumise aux aléas de l'histoire. René Guénon confond ces principes (qui sont primordiaux parce qu'en-deça de la manifestation, et non parce qu'ils renvoient à un lointain passé) avec l'association d'hommes qui s'en veut la représentation. Ces principes sont effectivement intemporels. Ils sont la Sophia perennis, la Sagesse éternelle. Les sociétés humaines ne les reflètent que très imparfaitement. Dans les Commentaires des Psaumes et dans les Commentaires de l'Epître aux Romains, Luther affirmait avec beaucoup de bon sens que "pour faire partie du corps mystique du Christ, il faut être régénéré et justifié par la Parole... L'Eglise visible, qui embrasse tous les baptisés, ne peut être identifiée avec le Peuple du Christ. (Elle) renferme bien des éléments qui sont seulement in ecclesia, mais ne sont pas élus. Mais elle ne cesse de compter aussi parmi ses membres de vrais chrétiens que Dieu seul connaît... Cette Eglise invisible... n'en est pas moins une réalité certaine."

Vouloir retrouver une organisation initiatique dont la chaîne humaine serait ininterrompue depuis l'Age d'Or relève de l'utopie. Si l'on demande comment passer aux actes pour recevoir l'initiation, à qui s'adresser pour se mettre au travail, René Guénon reste muet. Il reconnaît que, de nos jours et dans le monde occidental, n'existent guère que des organisations initiatiques tombées en dégénérescence, et des "vestiges, incompris par ceux-même qui en ont la garde". Mais il croit que si la continuité rituelle s'est maintenue sans rupture, il est toujours possible de recevoir l'initiation virtuelle. Quelles organisations peuvent encore transmettre cette "initiation virtuelle" ? Sa "conclusion formelle et indubitable " est qu'en dehors du cas de survie possible de quelque groupe d'hermétisme chrétien du Moyen-Age, parmi toutes les organisations à prétentions initiatiques actuellement existantes en Occident, il n'y en a guère que deux qui puissent revendiquer, bien que fort déchues, une origine traditionnelle authentique et une réelle transmission initiatique : le compagnonnage et la Franc-Maçonnerie.

Laissons de côté le compagnonnage. Il repose sur une initiation au métier et ne concerne que de futurs artisans. J'ai par ailleurs indiqué ce que je pensais de la Franc-Maçonnerie (3). Si la formation qu'elle dispense me paraît irremplaçable, bien des personnes ont été ou sont en possession d'une expérience initiatique effective sans s'y être agrégées.

En outre, la Franc-Maçonnerie actuelle (au sens de "chaîne ininterrompue") est née au XVIIIe siècle. Nous sommes loin de la "tradition primordiale". Les bâtisseurs de cathédrales juraient fidélité à la "Sainte Eglise catholique et romaine" et leurs secrets concernaient les tours de mains du métier, en premier lieu la résolution de problèmes géométriques. Leurs commanditaires disposaient fréquemment d'un savoir issu de l'hermétisme gréco-romain ou du druidisme celte, mais les loges de bâtisseurs n'étaient pas le lieu où de telles connaissances pouvaient s'acquérir. Contrairement aux idées reçues, on sait également depuis quelques années que les loges spéculatives ne sont pas issues des loges opératives qui auraient peu à peu accepté un nombre croissant de membres extérieur au métier. Elles sont nées de toutes pièces et certaines ont recueilli au fil du temps un contenu initiatique qu'aucune ne possédait au départ. L'histoire de la Franc-Maçonnerie "spéculative" ne relate pas la dégénérescence d'un Ordre initiatique prestigieux qui transmettait une initiation virtuelle et enseignait des techniques ayant pour but de rendre cette initiation effective. Elle montre la création de clubs dont certains, influencés par ce bouillonnement d'idées que fut le XVIIIe siècle, ont adopté des programmes de travail social ("les idées nouvelles") ou initiatique (l'illuminisme et l'hermétisme).

On juge l'arbre à ses fruits

Ne partons pas d'à priori théoriques et observons les faits. Chacun connaît autour de lui des personnes qui rayonnent. En toute discrétion, dans un deux-pièces appartenant à un grand ensemble ou dans une petite ferme de campagne, elles se sont composé une forme de prière qui leur est propre et ont ajusté leurs actes à leurs idées. Au fil des ans, elles diffusent une lumière certaine. Aucune "influence spirituelle" transmise par une organisation reliée à la "tradition primordiale" n'a autorisé ce branchement. Bien des ouvrages de théologie ou de symbolisme ont été écrits par des docteurs morts d'une maladie qu'une simple paysanne aurait pu guérir en dix minutes par la prière.

Inversement, je ne connais que trop de personnes qui disposent de la "régularité initiatique" au sens guénonien du terme (donc des franc-maçons), mais qui font preuve d'une telle incompréhension et d'une telle ignorance à propos de tout ce qui est initiatique et spirituel, qu'elles en apparaissent fort au-dessous de personnes qui n'ont pas reçu l'initiation virtuelle, mais qui sont douées d'une juste intuition et d'un esprit ouvert. Ici encore, jugeons l'arbre à ses fruits, et ne nous faisons pas d'illusions sur ce que la transmission virtuelle peut en réalité conférer.

Du point de vue religieux et non plus initiatique, le musulman pratiquant et le catholique baptisé qui participe aux sacrements ne sont pas toujours des modèles d'épanouissement spirituel, malgré leur conformité aux critères énoncés par René Guénon !

L'Eglise et la succession apostolique

René Guénon reproduit la conception de l'Eglise, telle que celle-ci l'a héritée du thomisme (4), qui reflète beaucoup plus Aristote que les évangiles (5). Selon l'Eglise en général et le thomisme en particulier, l'homme est déchu par le péché originel. Depuis la chute, une rupture irrémédiable sépare le Créateur et sa créature. Dans le domaine surnaturel, celle-ci ne peut rien par elle-même.

Par un sacrifice volontaire, la mort sur la croix, la personne divine est venue sur terre effacer la faute des hommes. Ce sacrifice de Jésus est un acte unique, isolé dans l'espace et dans le temps. Pour que chaque être humain puisse être sauvé, il faut qu'il participe de quelque manière au sacrifice de Jésus. Le mode que Jésus a choisi pour permettre cette participation est l'institution des sacrements qui, d'une part, effacent la faute, et d'autre part restaurent l'amitié avec Dieu en conférant au chrétien la vie même de Dieu, ce que la théologie chrétienne nomme la grâce. Ces sacrements sont valides s'ils sont administrés par un prêtre ayant reçu ses pouvoirs d'un évêque qui les détient d'un autre évêque, selon une lignée ininterrompue depuis l'apôtre Pierre.

Ce schéma est propre à la théologie catholique romaine. Car l'Eglise orthodoxe considère qu'un évêque ou un prêtre déposé ne conserve pas ses pouvoirs sacerdotaux. Il les perd ipso facto, la succession apostolique étant nécessaire, mais pas suffisante. Ou, si l'on préfère, la succession apostolique implique, outre la filiation, la fidélité doctrinale et la régularité canonique. Les théologiens catholiques s'orientent aujourd'hui dans cette direction et insistent sur la notion de mandat confié par l'Eglise plus que sur l'efficacité indélébile de l'influence spirituelle.

La vision de l'Eglise catholique romaine est également réfutée par la théologie protestante pour qui le pasteur n'est pas un prêtre et ne possède aucune qualité ou pouvoir qui le distinguerait du laïc. Sa seule particularité est une connaissance beaucoup plus poussée des saintes Ecritures.

L'absurdité où peut mener la doctrine thomiste est illustrée par Apollinaire dans une des nouvelles de l'Helvétique, où un prêtre en mal de revanche consacre les pains de chaque boulangerie devant laquelle il passe, avec l'espoir de profanations sacrilèges.

Qui détient l'initiative du contact ?

L'un des rares textes du Corpus Hermeticum selon lesquels l'étincelle divine n'est pas donnée à tous les hommes explique qu'il en est ainsi car elle doit se conquérir. Il n'y est pas question de transmission rituelle par l'intermédiaire d'une organisation qui en serait dépositaire. "Pourquoi donc, ô père, Dieu n'a-t-il pas donné l'intellect (6) en partage à tous ? - C'est qu'il a voulu, mon enfant, que l'intellect fût présenté aux âmes comme un prix qu'elles eussent à gagner." (IV, 3).

D'où part l'initiative qui aboutit à la transmission des influences spirituelles ? Dans les sciences hermétiques, l'essentiel ne repose pas sur une liaison horizontale avec une organisation donnée qui se perpétue historiquement. En magie, en alchimie ou en astrologie, la liaison est verticale. Elle s'établit lorsque le néophyte a atteint un certain état par son travail intérieur et sa persévérance.

La magie requiert une qualification active, créée par une discipline spéciale, par une préparation individuelle particulière, qui rende apte à être initié, à recevoir les influences spirituelles requises. Le symbole de Jacob luttant contre l'ange, au point de lui imposer de le bénir, comme tant d'autres, jusqu'à celui qui s'ouvre la voie du Graal "avec les armes à la main", chose "jusques alors jamais ouïe", correspondent à une telle possibilité.

Si, par un travail individuel et collectif de valeur, un impétrant aux intentions droites et pures se présente devant Dieu, cette intention sera reconnue par qui de droit, en sorte que la porte s'ouvrira. L'adage évangélique n'est pas ici lettre morte : "Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira" (Matthieu 7, 7).

Ainsi, le contact avec les Puissances qui travaillent derrière ces groupes humains que sont les Temples de tel ou tel Ordre initiatique s'obtient par une ascèse et la pratique de rites spécifiques. Les officiers et les membres d'un Temple peuvent effectuer la cérémonie, mais seules les Puissances présentes peuvent conférer l'initiation, transmettre les influences spirituelles, si elles jugent qu'il doit en être ainsi. Autrement dit, l'Esprit souffle où et quand il veut. Il ne s'en tient pas nécessairement aux pipe-lines installés par les hommes pour le canaliser. Isis dit à Lucius-Apulée : "Voici que, par ma providence, luit pour toi le jour du salut. Prête donc aux ordres que tu vas recevoir de moi une attention religieuse". Isis avertit le prêtre et l'instruit pendant son sommeil de ce qu'il faut faire pour Lucius : "Car averti par moi, le prêtre... dans ce même moment où je viens à toi, j'apparais d'autre part à mon prêtre pour l'instruire, pendant son sommeil, de ce qu'il faudra faire ensuite." La déesse désigne à chacun, par un signe de sa volonté, le jour où il peut être initié ; le prêtre qui doit procéder à la consécration est choisi, de même, par sa providence ; elle désigne le prêtre Mithra, en songe. Aucun prêtre ne consentirait à conférer l'initiation sans un ordre formel de la déesse ; ce serait un sacrilège majeur, "car la déesse tient en main les clefs des enfers et la garde du salut" (7). Citons quelques documents égyptiens ; "Ceux qu'Isis, les ayant choisis, appelle par des songes (8)." "Les âmes des hommes... n'y ont part (au dieu) qu'autant que le (dieu) le leur permet, par l'intermédiaire de la philosophie et comme à travers un songe indistinct, l'illumination de leur intelligence... (9)." "N'est initié que celui que Dieu a jugé digne (10).

Laissez moi vous confier un secret. On peut établir une hiérarchie entre les loges, maçonniques ou autres : au plus bas niveau, les officiers récitent le rituel par coeur. Au niveau intermédiaire, ils jouent leur rituel avec conviction. Au niveau le plus élevé, ils sont joués par le rituel et des forces pour lesquelles ils ne sont qu'un canal.

MacGregor Mathers est une illustration de ce phénomène. La Golden Dawn, qui était jusque-là une organisation de type maçonnique imprégnée d'hermétisme théorique, devint à partir du 7 Décembre 1891 un Ordre théurgique puissant qui renouvela l'occultisme anglo-saxon. Revenant de Paris où il avait reçu les matériaux nécessaires à la constitution d'un Ordre intérieur, Mathers organisa à cette date le premier passage d'un membre au second Ordre "nouvelle manière". L'impressionnante qualité et quantité des enseignements dont la Golden Dawn disposa subitement témoigne de la révélation obtenue par Mathers. Que cette révélation ait été obtenue par opérations magiques, par la découverte inattendue de documents ou par la rencontre avec un adepte en chair et en os importe peu. Il avait réussi à établir un contact, à recevoir la filiation, à disposer d'une méthode d'inspiration rosicrucienne efficace auprès desquels les initiés virtuels de René Guénon font pâle figure. Hormis de brillantes analyses intellectuelles, qu'ont-ils produit ?

Les autres modes de transmission des influences spirituelles

René Guénon oublie que de nombreuses voies initiatiques, même extérieures à l'hermétisme occidental, n'ont jamais suivi son schéma, sans que leur valeur puisse être remise en cause.

Tout d'abord, lui-même reconnaît la possibilité d'une révélation spontanée qui s'effectue toutefois au sein d'une tradition spirituelle existante.

Si l'on considère que Dieu est tout-puissant, on ne voit pas très bien pourquoi il devrait se conformer à un mécanisme aussi systématique que celui décrit par René Guénon. "Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux" (Matthieu 18, 20). On fit un jour remarquer à Jean-Baptiste Willermoz qu'il était le dernier des Réau-Croix et qu'il n'y en aurait plus d'autres après lui, faute de transmission. Il fit une réponse pleine de bon sens : "Nous savons tous que le Tout-Puissant plein d'amour et de miséricorde peut, quand il voudra, faire naître, des pierres, même des enfants d'Abraham" (lettre au baron de Turkheim du 21-31 Mars 1822).

Dans l'ésotérisme islamique, on parle de la possibilité d'atteindre le shath, état intérieur spécial, qui entre autre, donne l'aptitude à se conjoindre avec le Khidr, être énigmatique en qui réside le principe d'une initiation directe, sans l'intermédiaire d'une organisation ni d'une chaîne ininiterrompue. Bien que conçue comme exceptionnelle, cette possibilité est admise. L'essentiel est ici le niyah, c'est-à-dire l'intention juste, qu'il ne faut pas entendre en un sens abstrait et subjectif, mais bien comme une direction magique d'efficacité.

Les peuplades africaines, amazoniennes ou indiennes se soucient comme d'une guigne des initiations virtuelles et des organisations initiatiques régulières. Ainsi, la note spécifique des rites de puberté nord-américains est l'obtention d'un esprit tutélaire (sommes-nous si loin du Saint Ange Gardien ou du Daïmon personnel ?). Par l'obtention de son esprit protecteur, le garçon reçoit la révélation du sacré et change de plan d'existence. L'élément caractéristique des initiations nord-américaines est la retraite dans la solitude. Entre dix et seize ans, les garçons s'isolent dans les montagnes ou dans la forêt ; il y a rupture avec le monde des vivants. L'expérience spirituelle du novice est déclenchée par son ascèse ; elle n'est pas dirigée par la présence et l'enseignement des instructeurs. Le novice s'impose des purifications, des interdits alimentaires, et il se soumet à de nombreux exercices ascétiques. Il chante et danse pendant la nuit, et il prie à l'aurore pour l'obtention d'un esprit tutélaire. C'est à la suite de ces efforts que survient la révélation de l'esprit, généralement sous forme animale.

Dans les Mystères des religions grecque et romaine, le rite est conçu comme efficace par lui-même. D'où l'extrême rigueur dans son exécution et des châtiments terribles pour celui qui en perturbait le cours. Le contact avec les dieux s'établissait par le rite, et non en vertu d'une transmission virtuelle.

A l'origine des Rose-Croix, on chercherait vainement une organisation structurée armée de rituels, transmettant initiation virtuelle et fournissant les outils nécessaires à son prolongement en initiation effective.

La position de l'hermétisme

Dans le Corpus Hermeticum, on ne trouve aucune trace de transmission virtuelle, bien que l'origine céleste des enseignements soit affirmée. Il y est rapporté que le dieu révélant ne les livre qu'à bon escient, et si la transmission comporte plusieurs intermédiaires, chacun d'eux doit être un témoin valable. Aussi le dernier maillon de la chaîne a-t-il soin de faire connaître tous ceux qui l'ont procédé pour certifier que la doctrine qu'il transmet vient authentiquement du dieu par une lignée de garants sans défaut. C'est ainsi que nous voyons Isis, dans la Korè Kosmou, donner des preuves à Horus : "Ecoute, mon fils Horus, car tu entends ici la doctrine cachée que mon ancêtre Kamèphis a entendue de la bouche d'Hermès, le mémorialiste de toutes les actions (divines), et moi je l'ai entendue de la bouche de Kamèphis, le plus ancien de tous les dieux, quand il m'a honorée aussi du don du noir parfait : et maintenant, c'est toi qui l'entends de ma bouche." Cette succession a pour objectif de s'assurer que les enseignements reçus sont fidèles à la révélation originelle. Le dernier maillon de la chaîne peut étudier avec confiance le dépôt qu'il reçoit et dont il se servira pour son illumination personnelle. Une telle succession n'a pas pour objectif de vérifier quelle que soit la qualité des maillons intermédiaires et leur plus ou moins grande fidélité aux enseignements reçus.

Selon les textes du Corpus Hermeticum, tous les hommes ont reçu en puissance une étincelle divine (11). Mais il dépend d'eux de la mettre en acte, de l'éveiller. Cette actualisation s'effectue par leur mode de vie, par le pouvoir des rites et par un travail intérieur.

Le rite révèle cette étincelle divine. Appliqué à un terrain propice, il suscite la mutation mentale nécessaire à ce dévoilement. Si l'homme qui le subit n'est pas prêt, le rite se révèlera inefficace. Il ne "prendra" pas. Il pourra toutefois exercer son effet à retardement, lorsque l'impétrant aura effectué le travail intérieur qu'il n'avait pas encore commencé.Inversement, un homme ayant accompli un travail intérieur considérable pourra bénéficier de ses effets sans rite particulier, bien qu'il se prive ainsi d'un outil précieux qui aurait pu l'aider dans sa quête. Dans une société initiatique, le choc du rite et de l'intention de l'impétrant fait l'initié. Si le postulant manifeste les dispositions intérieures requises, le rite possède une efficacité propre, indépendamment de toute filiation mythique.

Selon l'hermétisme, toute âme humaine reçoit, avant de s'incorporer, le don d'une étincelle divine. Mais une fois descendue ici-bas, une âme n'est pas nécessairement capable de faire emploi de cette part du divin en elle. Ceux qui se montrent bien disposés sont désormais assistés d'un ange gardien, qui est l'Intellect divin lui-même. Et un jour arrive où cet Intellect divin vient remplacer le "moi" dans l'initié. Ce moi était jusqu'ici composé des sept puissances astrales dont l'âme s'était enveloppée lors de sa traversée des sphères planétaires. Désormais, il est remplacé par le Verbe divin, par le Logos qui s'installe en lui. L'hermétisme devient un homme nouveau, un homme régénéré.

La filiation de la Golden Dawn

Lorsque je commençais à étudier les enseignements de la Golden Dawn, les quelques ouvrages disponibles relataient ainsi son origine. Chez un bouquiniste londonien, un amateur d'occultisme, le révérend A.F.A. Woodford, acheta un ouvrage dans lequel étaient insérées une soixantaine de feuilles manuscrites. En 1887, W.Wynn Westcott hérita de ces manuscrits. L'écriture utilisée était codée, mais l'adresse d'une certaine Anna Sprengel habitant l'Allemagne était indiquée. Il écrivit, reçut la méthode de déchiffrage et une autorisation de fonder la juridiction anglaise d'un Ordre initiatique. Un autre adepte allemand informa Westcott du décès d'Anna Sprengel, survenu le 20 Juillet 1890, et l'autorisait à poursuivre le travail de l'Ordre. Toutefois, il n'y aurait désormais plus d'interférence du cercle allemand. Pour gouverner l'Ordre, Westcott fit appel à Samuel Liddel MacGregor Mathers qui entreprit de rédiger des rituels utilisables reposant sur les données des manuscrits codés.

Les manuscrits codés existent. Ils avaient été élaborés par un cercle rosicrucien antérieur à celui de la Golden Dawn et interne à celui de la Societa Rosicruciana in Anglia. Après le décès de Kenneth Mackenzie (1833-1886), leur principal rédacteur, ils avaient abouti dans une librairie d'occasion (ou dans la bibliothèque de la S.R.I.A.) où ils furent découverts par Woodford. Ils ont été publiés depuis. Le code alchimique utilisé est exposé dans le Polygraphiae de l'abbé Trithème (XVIe siècle). Le texte était en anglais, exposait des informations précises permettant l'élaboration de rituels (directives que la Golden Dawn suivit scrupuleusement) et indiquait que l'Ordre devait être mixte.

Dans la version officielle, notons que la filiation repose en tout et pour tout sur une autorisation, sans transmission d'influences spirituelles par l'intermédiaire d'un rite ou d'une pratique qui aurait rendu l'initiation virtuelle effective. Les fondateurs de la Golden Dawn souhaitaient simplement se raccrocher au mythe rosicrucien.

En 1900, une bombe éclata. Dans une lettre adressée à Florence Farr, Mathers écrivait à propos de Westcott et de la correspondance d'Anna Sprengel :

"A aucun moment, il n'a été en communication personnelle ou écrite avec les Chefs Secrets de l'Ordre, ayant lui-même fabriqué ou fait fabriquer la soi-disant correspondance entre lui et eux..."

Par ces quelques mots, les membres perdaient leurs Chefs Secrets. Il n'y avait plus de Chefs Secrets à la Golden Dawn que de Supérieurs Inconnus à la Stricte Observance Templière ou de Mahatmas à la Société Théosophique. Seuls restaient les manuscrits eux-mêmes, les travaux de Westcott et Mathers et un apport considérable de ce dernier qui affirmait à son tour avoir réussi à établir le contact avec les fameux Chefs Secrets. L'effet fut désastreux, suscitant la fin de la Golden Dawn qui se sépara en deux groupes : l'Alpha et Omega, fidèle à Mathers, et la Stella Matutina qui récusa son autorité et fut présidée par R. Felkin. Une troisième faction, dirigée par A.E. Waite, the Holy Order of the Golden Dawn, d'orientation plus mystique et chrétienne, n'eut guère de succès.

Non seulement la Golden Dawn n'avait jamais reçu de filiation, mais elle avait tout bonnement fabriqué celle dont elle se prévalait !

Notes

1. Filiation : du latin filius, fils. Ligne directe des aïeux aux enfants ou des enfants aux aïeux. Au sens figuré, suite, liaison de choses résultant les unes aux autres : filiation des idées, des mots.

2. Pour être charitable, je m'en tiendrai à quelques exemples dont les auteurs sont décédés : Papus et l'Ordre martiniste, H. Spencer Lewis et l'Ordre rosicrucienne AMORC, et l'Hermetic Brotherhood of the Golden Dawn. Les deux premiers cas sont d'autant plus cocasses qu'il n'y a jamais été dans les intentions de Louis Claude de Saint-Martin ou des rédacteurs des manifestes Rose + Croix de créer un Ordre initiatique !

3. Ces compliments envers la Franc-Maçonnerie concernant sa pédagogie et non une "initiation virtuelle ou effective". Les maîtres-maçons que forment les loges qui travaillent sont parfaitement préparés (habitude du rituel, fonctionnement en groupe, meilleure connaissance de soi) pour accéder à un travail opératif.

Je rappelle que la Golden Dawn originelle recrutait ses membres masculins parmi les franc-maçons. Cette règle est ensuite tombée en désuétude, mais je soumets le texte suivant à la méditation du lecteur. Il forme plus de la moitié du Manifeste du 24 Juillet 1903 signé par Waite et ses coéquipiers :

"Nous estimons que l'Ordre doit être reconstitué et nous désirons le reconstituer sur sa base originelle, telle qu'elle était avant qu'un Chef unique prenne l'ascendance. L'Ordre fut établi vers 1885 par des Chefs qui étaient Maçons et possédaient des grades élevés dans la fraternité maçonnique. Si ces Chefs reçurent une patente d'un Troisième Ordre, ils la reçurent à notre avis en tant que Maçons. L'Ordre était à cette époque organisé comme un corps dans lequel la qualification maçonnique était requise de la part de ceux qui en devenaient membres. Tant par ses rituels que par son gouvernement, l'Ordre était maçonnique à cette période. Il l'est encore par ses rituels. Il n'a divorcé de la Maçonnerie que par les dissensions des Chefs originels. La période d'harmonie et de progrès fut la période maçonnique et les difficultés commencèrent quand les Chefs oublièrent qu'ils étaient Maçons. Nous affirmons la nécessité de restaurer le rapport maçonnique en élisant certains Maçons comme Chefs et en encourageant, pour ce qui concerne les hommes, l'admission de Maçons plutôt que des non-Maçons dans les grades extérieurs et intérieurs de l'Ordre. Nous croyons aussi que l'extension de notre connaissance et la communication avec un Troisième Ordre doit être cherchée dans ces fraternités que connaissent certains d'entre nous et que d'autres croient exister derrière la Maçonnerie..."

Les trois grands essais d'Ordres théurgiques de ces deux derniers siècles sont l'Ordre des Elus Cohens de Martinez de Pasqually, la maçonnerie égyptienne de Cagliostro et l'Hermetic Brotherhood of the Golden Dawn. Tous trois se sont souchés sur des loges maçonniques. Il ne s'agit pas là d'un hasard.

Pour lui éviter toute déception, je mets en garde le lecteur dont l'intérêt pour la Franc-Maçonnerie s'éveillerait en lisant ces lignes. Certaines loges ou obédiences sont plus proches de la contre-initiation que d'un travail hermétique. J'ai par exemple connu une obédience qui se voulait mondiale, mais qui n'était que mondaine. Se riant de la notion d'égrégore, les Vénérables et les loges de certains rites (Rite Ecossais Ancien et Accepté, Rite Français) y étaient systématiquement consacrés avec des invocations issues d'un autre rite (Style Emulation). Championne des exposés moralisateurs, elle entretenait les meilleurs rapports avec les obédiences américaines qui interdisent aux noirs l'entrée de leurs temples !

S'il est sollicité pour entrer dans une loge, le lecteur sérieux doit s'assurer qu'il ne s'agit pas d'un club de service à vocabulaire initiatique. Le travail qui s'y effectue porte-t-il sur les religions comparées, les Ecoles de Mystères occidentales, les sciences hermétiques ? Ou bien, entre deux mondanités, y disserte-t-on à perte de vue sur une charité absence dans les faits ? Y fuit-on ce qui ressemble de près ou de loin à des techniques d'éveil intérieur ? En règle générale, les loges de rite Egyptien (Memphis-Misraïm) ne le décevront pas. Elles relèvent actuellement de deux lignées :

- la première (par ordre alphabétique) est représentée par la Grande Loge Française de Memphis-Misraïm. Elle a réussi la gageure de pratiquer une politique d'ouverture vis-à-vis du milieu maçonnique en général sans renier ses travaux hermétiques. D'implantation internationale, elle est dirigée par Gérard Kloppel qui succéda à Robert Ambelain.

- la seconde conserve l'antique structure aristocratique et se tient en retrait. Sa principale composante est le Grand Sanctuaire Adriatique, essentiellement implanté en Italie. Quelques loges existent en France.

4. Thomisme : système théologique de Thomas d'Aquin (1225-1274). Dans le cadre de l'Eglise catholique romaine, le thomisme tenta d'unir raison et foi en s'appuyant tant sur Aristote que sur la Révélation biblique. Le thomisme fut imposé en 1879 par le pape Léon XIII, qui voulait lutter contre la médiocrité du niveau intellectuel dans les séminaires.

5. Cette position insiste en effet sur la transcendance de Dieu et oublie son immanence. Rappelons quelques phrases-clefs : "...c'était afin qu'ils cherchent la divinité pour l'atteindre, si possible, comme à tâtons et la trouver ; aussi bien n'est-elle pas loin de chacun de nous. C'est en elle en effet que nous avons la vie, le mouvement et l'être" (Actes 17, 26-28). "Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ?" (1 Corinthiens 3, 16). "Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde" (Matthieu 28, 20). "Oui, j'en ai l'assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur" (Romains 8, 38-39).

6. J'attire l'attention du lecteur sur le sens exact de ce terme. Dans les textes des hermétistes et des néoplatoniciens, l'Intellect divin est le "plan divin", l'ensemble des "idées divines". L'intellect humain est le reflet en l'homme de l'Intellect divin. L'Intellect n'est pas le "moi" ou le mental rationnel dont les "intellectuels" font usage.

7. A. Loisy, Mystères païens et Mystères chrétiens, Paris, 1930, p.145-6.

8. Pausan., X 32, 13. - Erman, Rel. ég. 492s.

9. Ib. Os. 1 79.

10. Synesius, De Provid., Migne v. 66 p. 1280.

11. "Et c'est pourquoi, seul de tous les êtres qui vivent sur la terre, l'homme est double, mortel de par le corps, immortel de par l'Homme essentiel" (Corpus Hermeticum, 1, 15).

vendredi 11 octobre 2013

« Communion » de Whitley Strieber disponible en français

Bien qu'il n'ait jamais consacré un véritable article sur la question, le responsable de la Jérusalem des Terres Froides cherche à se tenir renseigné un maximum sur ce qui se publie dans le domaine de l'ufologie. Il a eu entre les mains la publication récente Congrès international UFO 2012. Compte-rendu critique des principaux faits de Ludovic Chapier, paru en France chez Interkeltia en 2012.

Ce petit livre d'une centaine de pages rassemble et résume les interventions de l'International UFO Congress, le plus grand congrès international annuel sur la question, qui s'était déroulé du 21 au 26 février 2012 dans la petite ville de Fountain Hills en Arizona, près de Phoenix, organisé par Open Minds Production LLC.

La Jérusalem des Terres Froides présente ce livre pour ceux qui sont intéressés par la question ufologique et qui désirent se tenir au courant des derniers développements en la matière. Également, la JTF le mentionne ici afin de prévenir les éventuels lecteurs qu'une petite erreur s'est glissée dans l'ouvrage. L'un des intervenants du congrès 2012 était Whitley Strieber, écrivain-romancier et acteur bien connu du milieu ufologique depuis la parution de son livre racontant ses propres expériences « d'enlèvements extra-terrestres » en 1987, Communion : A True Story (Jacques Vallée considère le témoignage de Strieber comme étant hautement crédible). À la page 73, M.Chapier nous dit que « Les livres de Whitley Strieber n'ont malheureusement pas été traduits en français (à part un livre sur le dérèglement climatique et des romans d'horreur qui n'ont aucun intérêt pour les ufologues) » mais il se trompe. Communion a paru deux fois en langue française, une fois au Québec par Guérin littératures en 1989 (ISBN 2760120171, dans un format très proche de l'original anglais) et une fois en France en format poche chez J'ai Lu en 1999 (ISBN 2277224715).

Pour le reste, il ne semble pas y avoir d'autres erreurs et l'auteur de ces lignes recommande chaudement l'ouvrage qui se lit rapidement et facilement.

jeudi 10 octobre 2013

Djemila Benhabib : la compromission mondialiste de Vigile.net ?

Le 12 septembre dernier la Jérusalem des Terres Froides a fait paraître un article où était signalé une liste de noms de famille juif sépharade dans lequel on retrouve Benhabib, comme la Djemila qui vient semer ses récits d'horreurs vertes et voilées dans les sillons massmédiatiques québécois (attention à ce qui sera récolté !). Il était cité que ce genre d'information devrait pouvoir être révélé sur Vigile.net mais étant donné que ce site donne des signes d'être corrompu par une bande de profiteurs opportunistes appelés les « Amis de Vigile », et qu'ils font une promotion très assidue de la semi-Algérienne, il valait mieux faire la révélation ici, hors de tout risque d'une censure injuste. Une censure qui s'est finalement vérifiée sur le terrain deux fois plutôt qu'une.

Lorsque l'article paru le 12 septembre dernier, il y avait quelques fréquentations de sa page mais très modérément et rien en comparaison des succès de la maison, Coup de gueule : Alain Soral et Les « pédo-Templiers » : Marion Sigaut emportée par le soralisme ?. Dimanche en soirée est remarquée une grande montée du nombre de visites et le lendemain soir c'est encore plus important. Il faut savoir que votre serviteur n'écoute jamais ce qu'il appelle « la télé à annonces ». C'est un ami qui au hasard d'un conversation lui a mentionné le passage de la « contre-Coran » à Tout le monde en parle (TLMEP) ce dimanche. Depuis, l'article Djemila Benhabib serait-elle juive sépharade ? est devenu le plus grand succès de la semaine pour la JTF.

La passage de la prophétesse de la menace verte à l'émission-télé de « plogues » la plus regardée au Québec excita bien évidemment les esprits vigiliens. On hurla à la manipulation médiatique (ce qui est vrai) et l'habitué de la tribune « libre » Robert Barberis-Gervais y va depuis de son grand procès théologico-politique contre la Dalila Awada (que celui qui n'a jamais pêché lui jette la première pierre !), « théologico-politique » car en outre l'impardonnable appartenance à Québec Solidaire pour un vigilien pur jus, cet idolâtre de Pauline Marois va jusqu'à se référer à ce qu'il croit être la « loi musulmane » pour faire le procès de l'opposante de sa Djemila chérie. L'arrogance des baby-boomers bouffis de leurs vieux privilèges n'a donc aucune limite? Si Barberis-Gervais veut réellement s'en référer à la « modestie » indiquée en Islam, ne devrait-il pas commencer par utiliser le mot arabe exact et se demander si « modestie » en est la bonne traduction, s'il existe en seulement une traduction possible de l'arabe au français de ce mot, avec tout les sous-entendus, les métaphores, les racines et les représentations du monde de deux familles linguistiques radicalement différentes ?

Le responsable de la Jérusalem des Terres Froides tient ici à être clair : il n'est pas contre la laïcité d'emblée. Au contraire, il apprécie de vivre dans un endroit où les religions institutionnalisées ne sont pas aux commandes du gouvernement. Quiconque a le moindrement visité la JTF, qui a lu le propos sur la différenciation au Mot de la rédaction, qui a constaté le nombre d'articles consacrées au métapsychique ou à Aleister Crowley, voit bien que l'auteur de ces lignes ne se situe dans aucune des grandes dénominations religieuses, ni judaïsme, ni christianisme, ni islam, ni bouddhisme, etc. Ayant un intérêt fort développé pour la magie et la « sorcellerie », votre serviteur ne sait que trop ce qu'il l'attend s'il devait se retrouver dans ces États basés sur la théologie judéo-christiano-musulmane : les Catholiques les brûlent sur un bûcher en hurlant que c'est pour lui faire expier ses péchés et les Musulmans les décapitent en hurlant : « Meurt saloperie de serviteur du Shaïtan ! Allah Akbar ! ». Même la république iranienne, que la JTF est tenté de défendre en raison des injustices et menaces atlantistes-sionistes contre elle, a des lois anti-sorcellerie qui vaudrait sur place de sérieux problèmes au responsable de ce site. Selon le mot de La Voix de la Russie, repris par la JTF dans son article La sorcellerie juive contre l'Iran ! : « Selon la loi iranienne, la sorcellerie est un crime. Les personnes soupçonnées de sorcellerie sont régulièrement jugées et arrêtées ». Donc le responsable de la JTF est-il pour la « séparation de l'Église et de l'État » ? Évidemment ! Encore que l'État dit « laïc », c'est encore une forme de religiosité et l'auteur de ces lignes estime qu'une réelle séparation entre ces deux entités, ça ne s'est encore jamais vu sur cette planète.

Maintenant il y a une différence entre vouloir un gouvernement basé sur la rationnalité universelle et faire le procès des religions institutionnalisées (« institutionnalisées » pour faire une distinction d'avec les nouveaux mouvements religieux ou encore les « religiosités », comme le sport, l'industrie du spectacle, la mode, les centres d'achats, etc). Et ici, ce n'est même pas faire réellement le procès des religions institutionnalisées, c'est s'attaquer à une religion en particulier pour des raisons fallacieuses masquant les véritables motivations. Ça en est si évident que ça en crève les yeux.

Vigile a toujours prétendu vouloir analyser la politique de façon rationnelle, complète et objective. C'était le but de son fondateur. Aujourd'hui en octobre 2013, la vocation informative de ce site est terminée : maintenant on donnera une orientation idéologique précise allant dans l'intérêt bien senti de quelques personnes ayant déjà une excellente situation sociale. Un véhicule sous couvert pour Quebecor et le Parti Québécois dans les milieux indépendants de l'information au Québec. La tendance avait déjà commencé du temps de Bernard Frappier mais elle s'est imposée pour devenir le courant principal avec l'arrivée des « Amis de Vigile ». Nous remarquerons que lorsque Denis Monière et Richard Le Hir se sont définitivement installés aux commandes, tout ce qui restait d'informations non-mainstream, à savoir les tribunes libres de Serge Charbonneau et Oscar Fortin, ont quitté le bateau pour aller aux 7 du Québec. Hasard ? Même dans une éventualité où la rupture entre Charbonneau et Fortin d'une part, les « Amis » de l'autre, s'est faite amicalement, il n'en reste pas moins qu'à présent, Vigile ne fait guère davantage que de reprendre ce que l'on peut déjà voir dans les massmédias québécois, à savoir le Journal de Montréal, La Presse et Le Devoir. Le tout accompagné d'un petit commentaire-maison et hop ! le tour est joué. Quand à ce qu'il reste des « tribunes libres », elles sont si contrôlés par les pilleurs de l'oeuvre de Frappier qu'on peut dire qu'elles ne sont que des extensions de l'idéologie de l'endroit.

La Jérusalem des Terres Froides ne se prononcera pas sur la question du voile dans les institutions publiques québécoises, ce n'est pas sa vocation, mais elle ne veut pas que le débat public soit pollué par des éléments troubles, voire carrément sionistes. Elle sait trop qu'il y a des think-tanks en Israël, aux USA, en Europe, au Canada et même au Québec qui désirent une grande guerre contre tout ce qui ressemble de près ou de loin à de l'arabo-musulman et qui veulent y sacrifier pour cela toutes les populations précaires d'Occident. Pas les baby-boomers bouffis de leurs privilèges des « Amis de Vigile » et sa « tribune libre », mais bien la jeunesse sans emploi d'aujourd'hui et tout ce qu'il y a d'immigrés. Et il est patent que la provenance et le jeu de la Benhabib est très trouble mais interdiction d'en dire quoi que ce soit sur Vigile, sous peine d'une forme d'excommunication. Même quand il s'agit de laïcité, toujours ce bon vieux cléricalisme canadien-français.

Le 19 septembre dernier, Richard Le Hir relaye sur Vigile une entrevue de la Benhabib avec Benoît Dutrizac, le féroce prêcheur de haine contre toutes formes de religions ou de spiritualité (en plus du créneau habituel de tous les journalopes massmédiatiques : atlantiste, sioniste, démocrate parlementaire inconditionnel, contre l'État et le privé c'est toujours mieux, fédéraliste ou « souverainiste » de façade, etc). La semi-Algérienne y parle de son expérience en Afghanistan. Déjà, il y a une méfiance qui est de mise : l'armée canadienne ne laisse pas n'importe qui aller sur place et elle dicte clairement ce qui a le droit d'être rapporté de ce qui ne l'est pas. Serge Charbonneau, l'ex-vigilien devenu l'un des 7 de garde, a écrit de nombreux articles sur la duplicité des journalopes des massmédias qui vont dans les zones de conflit, que ce soit l'Afghanistan, la Lybie, la Syrie, etc. Il a bien démontré que ces journalopes sont accompagnés et « briefés » par les services secrets canadiens. Ce qui devrait éveiller un minimum de soupçons lorsqu'on apprend que la Benhabib revient d'Afghanistan mais pour Richard Le Hir, il semble que non, sur ce cas-ci, exceptionnellement, tout soupçon, toute méfiance n'est pas de mise et est déplacé. On le constate sur la page de présentation, il n'y a pas le moindre avertissement sur la question. Et qu'importe s'il est avéré que les infirmières afghanes ne sont pas voilées : le principe de précaution envers quelqu'un que l'armée canadienne atlantiste cautionne reste de mise et Vigile ne l'a pas appliqué.

Le lendemain du TLMEP, c'est Barberis-Gervais qui fait sa charge contre Dalila Awada, pratiquemment en mission commandé pour sa Pauline Marois adorée (il est connu pour la défendre inconditionnellement bec et ongles contre tous ceux qui s'en prennent à elle, Pierre Cloutier le premier). Après avoir vu tous ces commentateurs qui prennent l'ex-employée du fédéral pour de l'argent comptant, voire une parole d'Évangile, l'auteur de ces lignes a osé tenter de faire passer son message, non pas par la grande porte des « tribunes libres » mais la petite porte des commentaires qui suivent un article. Il s'était dit qu'il n'interviendrait plus jamais sur Vigile mais il a été touché et il a eu un élan de solidarité avec Gabriel Proulx de Saint-Eustache, qui a subi lui-aussi de plein fouet la nouvelle orientation idéologique des « Amis ». Le responsable de la Jérusalem des Terres Froides connaît déjà M. Proulx et il se souvient de la confrontation que ce monsieur a eu avec le savoisianiste de la maison vigilienne, Francis Déry (rapporté à l'article Le sadisme soralien, Annie Lacroix-Riz et Adolf Hitler). Et bien sûr, bien qu'il respectait en tout points la « netiquette », le propos de votre serviteur a été censuré.

Voici le commentaire de Gabriel Proulx, le neuvième de la tribune de Barberis-Gervais du 30 septembre, Dalila Awada est une militante de Québec Solidaire :
Encore les maudites chasses aux sorcières des enfumeurs péquistes zélés qui ne font que ça parce qu’ils sont trop de mauvaise foi pour supporter la cause du pays ! « Votre parti, mon parti » la population s’en balance !
Depuis mai 2011 que ça dure et que je dénonce ce genre d’attitudes sectaires (qui m’ont fait perdre beaucoup de supporters sur la question des alliances dans QS) et je vais me permettre de balayer à l’avance du revers de la main les accusations infantiles de fédéralisme caché.
Est-ce que vous vous relisez avant de poster ? Est-ce que vos supporters ont la moindre parcelle d’esprit critique ? À vous lire tous, chers zélés péquistes, il y a un grand complot en place à Radio-Canada avec à sa tête : les sinistres illuminatis de Québec solidaire, responsables de tout le mal qui se fait au Québec, bien entendu, puisque le PQ-Marois est rendu intouchable par son immaculée promotion de l’occidentalisme anglo-saxon au Québec. « Anglo-saxon » comme dans : nos ennemis qui veulent nous assimiler depuis 1840.
Pour ce qui est de votre divine Djemila Benhabib : c’est une mercenaire, une sbire des lobbys sionistes qui inspirent en occident la haine d’une sorte de « complot islamiste mondial » pour nous faire détourner le regard du plus grand criminel du Moyen-Orient, le régime d’apartheid d’Israël et ses ogives nucléaires.
Mario Dumont, Quebecor, Gesca, Point de Bascule Canada (site sioniste qui fait de la propagande raciste contre nos frères palestiniens), le comité Canada-Israël, le comité Europe-Israël, qu’ont-ils tous en commun ? Ils adorent Djemila Benhabib et se servent de son discours hypocrite et de ses torchons pour cracher sur les musulmans, bouc-émissaires des années 2000 qui servent à détourner notre regard des vrais problèmes et des vrais spoliateurs. Dommage que les recherchistes de TLMP aient oublié de mentionné ça aussi. Le score des oublis involontaires est égal.
En passant, cette Dalida Awada, membre de QS dont je n’avais jamais entendu parlé avant hier soir, vous avez pensé une seconde au fait qu’il y a de fortes chances pour qu’elle soit souverainiste ? Parce que dans le cas contraire, elle militerait au PLQ. Méditez là-dessus, les inquisiteurs.
Gabriel Proulx, Saint-Eustache
L'auteur de ces lignes a écrit son commentaire en reprenant le paragraphe « Mario Dumont... » et en signalant qu'il partage entièrement le propos de M.Proulx. Puis la petite révélation a été faite, avec le questionnement pourquoi le principe de précaution des revenants d'Afghanistan n'avait pas été appliqué pour la Benhabib (sans oublier de mentionner M.Charbonneau l'ex-vigilien). Bien sûr, votre serviteur savait que son commentaire ne serait pas accepté et il s'est permit de narguer un peu le modérateur avec « Vigile osera-t-il publier ça ? ».

Ensuite il a été constaté que M. Proulx a goûté lui-aussi au nouveau zèle de censure de Vigile. À son commentaire, Jean Lespérance lui a répondu d'une façon terriblement méprisante. Au lieu d'une réponse raisonnée sur les raisons sur lesquelles M.Proulx aurait tort, il écrit une petite chansonnette infantilisante qui n'apporte rien au débat, avec en conclusion une allusion vraiment dégueulasse sur la famille Shafia (un fait divers de « crime d'honneur » rapporté il y a quelques années). Et le modérateur si zélé, il a laissé passé ça et a privé M. Proulx de sa capacité à se défendre. Voici son second message sur la page en question (le dix-septième), où la censure et le parti-pris ont été constatés :
@Vigile
Où sont passées mes réponses pour me justifier devant la mauvaise interprétation de mon commentaire par Jean Lespérance ? J’ai fait deux tentatives déjà et ça devient chiant à la longue d’écrire pour le néant.
Le modérateur doit lire les commentaires, alors il doit également savoir que je suis contre le voile musulman, mais également contre les niaiseries conspirationnistes de RBG et sa bande. Ce serait la moindre des choses pour vous que de me laisser mon droit de réponse légitime devant cette mauvaise interprétation de mon opinion sur les signes religieux faite par M. Lespérance.
Si votre but est de me faire mal paraître en m’empêchant de répondre, alors c’est pire que de la simple censure, c’est de la manipulation, comme ce que RBG prétend dénoncer dans son pétard mouillé conspirationniste qu’il prend pour un billet sérieux.
Si vous voulez me bannir parce que je suis trop à gauche pour le « nouveau Vigile », ce serait le minimum de m’en informer pour que j’investisse mes énergies indépendantistes ailleurs où elles seront mieux reçues.
Gabriel Proulx
En démonstration hors de doute de la mauvaise foi du modérateur de Vigile, il suffit de constater qu'après avoir censuré les messages n'allant pas dans l'idolâtrie de la « contre-Coran », ce même modérateur laisse passer les commentaires d'une certaine « Lison », qui écrit toujours les pires écoeuranteries contre les musulmans et qui s'en réfère toujours à ces sites construits par les sionistes pour entretenir la haine de l'Arabe comme Point de Bascule ou The Religion of Peace. Vouloir la laïcité des institutions d'État québécoises, c'est une chose mais laisser professer la haine envers un groupe précis de la société, basé sur des mensonges patents repris de sources qui sont clairement identifiées comme inféodées à l'hexagramme bleu et pilotées par lui, c'est inacceptable. C'est là qu'on peut vérifier et constater la crapulerie et la duplicité des « Amis de Vigile ». D'autant plus que lorsque la nouvelle direction avait annoncée ce printemps ce que serait sa politique en vigueur, elle avait annoncée qu'elle ne tolèrerait plus les commentaires sous pseudonymes. Comme le dit l'expression de par chez nous : « deux poids, deux mesures ».

Remarquons aussi que la meute vigilienne clame à tout bout de champs qu'elle ne s'oppose pas à l'Islam mais à l'islamisme, à l'Islam politique, au salafisme, au takfirisme, etc. Ce qui, bien sûr, n'est que de la foutaise et de l'hypocrisie. Pour l'avoir vérifié sur le terrain à plusieurs reprises, l'auteur de ces lignes sait que dès que vous confrontez le moindrement ces opposants à « l'Islam politique », dès que vous les poussez un peu dans leurs retranchements, ils ne parleront plus d'Islam « politique », de salafisme, takfirisme ou autre mais bien d'Islam tout court, dans son intégralité (« L'Islam EST totalitaire »). L'ensemble des vigiliens qui se prétendent contre l'islamisme sont dans cette manoeuvre frauduleuse pourtant si évidente à démasquer.

Lorsqu'on observe la moyenne d'âge des intervenants réguliers de Vigile, on voit qu'un an après le décès de son fondateur, le site est déjà vieillissant. À une ou deux exceptions près, nous n'avons ici que de vieux baby-boomers, des têtes grisonnantes. Et cette laïcité qu'ils proposent n'en est pas une car il est déjà envisagé de donner des exceptions à l'Église catholique en raison de l'Histoire. Elles la placeront dans une position de force, donnant un avantage politique aux vieux conservateurs canadiens-français identitaires qui se la joue actuellement « souverainiste ». Richard Le Hir, ex-employé des pétrolières, compagnon un temps du très bourgeois « Parizeau-les-vignobles » et homme d'une classe sociale bien plus aisée que ces musulmanes qui perdront leur emploi par la charte et ses « dommages collatéraux » dans le privé, semble être une belle synthèse de ce qui est tenté d'être expliqué ici. Après une revue du ouèbe, il semble que ce soit Robert Bibeau qui ait raison et bien qu'il ne les nomment pas dans son texte, votre serviteur a bien l'impression qu'il visait en partie les « Amis de Vigile » en écrivant ceci :
Au Québec, depuis quelques semaines, une coterie de petits-bourgeois marguilliers de la laïcité surexcités, bien payée et jouissant de la sécurité d’emploi,  acoquinée à des plumitifs chauvinistes couleur croix de St-Georges et fleur de lys (de souche prétendue),  mène ramdam contre les travailleuses immigrantes précarisées, menacées d’être congédiées si elles ne s’habillent pas selon les exigences des punaises de bénitiers. Les humbles travailleuses voilées des Petites Mains (rue Saint-Laurent à Montréal) connaissent bien le stress du surmenage suite au travail accablant, du chômage et de ses ravages; pourtant elles ne se soulèvent pas pour renvoyer ces coquerelles de sacristie et leurs groupies à leurs psalmodies et leurs litanies.
Le langage est très imagé mais les références religieuses sont compréhensibles : il y a dans l'attitude des Le Hir, Barberis-Gervais, Lespérance et autres Verrier une ressemblance, une analogie avec la vieille attitude autoritaire, pontifiante et méprisante des curés d'autrefois. Cette génération des baby-boomers qui a justement été aux écoles « classiques » et qui semble aujourd'hui vouloir revenir à son enfance. Et Bibeau ne s'arrête pas là. Il dénonce « la pléthore de petits-bourgeois intellectuels, partisans chauvins qui œuvrent farouchement à liquider toute velléité de résistance radicale  », c'est à dire tous ces intello bien-pensants (« gauche ») qui affirment parler dans le meilleur intérêt du peuple mais qui en réalité ne sont que des « courroies de transmission » des pouvoirs en place. Ce qui donne à penser que l'assiduité de Vigile pour la charte de ce Parti Québécois, avec le zèle habituel de R G-B pour sa Marois, est effectivement une courroie de transmission en fonction d'intérêts supérieurs mondialistes, sous couvert de défense de l'identité québécoise. Tenter le noyer l'aspect révolutionnaire et radical de la cause de la survie du fait français en Amérique du Nord dans le conflit de civilisation, de façon à ce que lorsque l'atlantisme-sionisme nous conviera à la confrontation finale, la grande troisième, les indépendantistes québécois répondront : « Oui, à l'indépendance mais d'abord le grand ralliement pour défendre la civilisation blanche et occidentale ! Terminons-en avec l'Islam et ensuite nous seront souverains ! ». Ce constat avait déjà été fait par l'auteur de ces lignes dans les commentaires de Vigile mais ça c'était à une époque où il était possible d'y exprimer ce genre de chose, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

Certes, Bibeau est cité ici mais son propos n'est pas exactement le même que celui de la JTF. Votre serviteur doute fort qu'il apprécie se voir utilisé dans un texte qui se veut indépendantiste, lui qui a voté « non » en 80 et 95. Il n'en demeure pas moins que dans sa charge tout azimuts, où la milice féministe y passe comme le reste, Vigile aussi se retrouve au tordeur. « Des poltrons, de vieux traitres prostrés (...) qui ont quitté la vie politique pour se la couler douce et qui reviennent en douce fureter pour voir s’il ne pourrait pas monnayer leur restant d’information postdatée », comment ne pas y voir notre lascar Le Hir ? La JTF termine ici ses citations du texte de M.Bibeau par cette condamnation sans appel :
Pourtant, il faut oser, camarades.  Oser les dénoncer et se démarquer de cette  engeance petite-bourgeoise pourrie qui remplit sa mission de courroie de transmission entre les gagne-petit d’un côté et les puissants et leur État chien couchant de l’autre. Que la honte s’abatte sur la couardise de ces nationalistes-chauvines xénophobes qui osent dénoncer les ouvrières opprimées-voilées-exploitées.

Défaire les petits-bourgeois (bobo)  pédants sur leur terrain d’ergotage et reconstruire l’unité de notre classe c’est  notre devoir camarades.
La  Jérusalem des Terres Froides laisse à notre « 7 de garde » la responsabilité de ses propos sur la constitution d'un parti politique. Mais pour dénoncer « l'engeance petite-bourgeoise pourrie » des « Amis de Vigile », voilà, ce blog a fait son devoir.

Beaucoup vient d'être dit mais il serait possible d'aller plus loin, beaucoup plus loin. Puisque Vigile désire tant s'identifier à Djemila Benhabib et que celle-ci doit sa « légitimité » aux deux livres édités chez le vieux soûlon  vire-capot qui écrit des téléromans de haines familiales dans un média fédéraliste, eh bien prenons le au jeu et remettons-lui dans la face les deux ouvrages en question. De la mémoire de votre serviteur, il n'y a pas eu la moindre lecture sérieuse et critique de cette « oeuvre », tout a été intégralement accepté comme valide et confirmé. Or, ceux qui ont suivi ce blog dans ses histoires contre Marion Sigaut savent que même sans la lecture approfondie d'un livre, juste l'objet en lui-même et son travail d'édition peuvent en dévoiler beaucoup. Au moment où ces lignes sont écrites, « l'oeuvre » de la Benhabib ne fait pas partie du fond documentaire de la JTF. Mais se les procurer est un jeu d'enfants : ils doivent être dans pratiquement toutes les bibliothèques municipales de l'île de Montréal.

Il semble qu'il y ait une tendance qui se dégage politiquement autant en France qu'au Québec. Les forces bourgeoises et réactionnaires se fabriquent des mouvements internet d'offensive contre ce qu'ils appellent « les multiculturalistes gauchistes qui veulent nous déraciner notre identité ». Un peu comme Égalité et Réconciliation est une machine de guerre du Front National dirigée contre Jean-Luc Mélenchon, Vigile est devenu est machine de guerre du PQ-Marois dirigée contre Québec Solidaire. Dans les deux cas, on se targue d'être pour les jeunes et pour les femmes, dans les deux cas ce sont un ou deux hommes qui profitent grassement de la gérance du site, que ce soit pour l'argent ou uniquement pour satisfaire un égo démesuré. Et puisque le soralisme vient d'être évoqué, comme il a déjà été dit pour E&R et qui s'applique maintenant à Vigile, il y en a encore long à dire. D'ailleurs, E&R fait partie des liens de Vigile et Kontre-Kulture également pendant un temps. Vigile a déjà relayé des conférences de Soral et le « grand sheikh chauve » a ses émules parmi les « tribunes libres », comme Jean-Claude Pomerleau qui a fait sa charge contre Québec Solidaire en utilisant l'un des mots-fétiches du gourou soralien, « l'enfumage » (même dans le cas où il protesterait qu'il n'a pas pris le mot de là, le nombre de fois où il se réfère à E&R dans ses interventions est révélateur). Alain Soral et Richard Le Hir, deux politiques vieillissants disposant d'excellents revenus, d'une sécurité d'emploi, qui gèrent chacun un site et qui s'en prennent lâchement à plus faible que soi, obsédés par le « gauchisme », le tout pour des intérêts très personnels ? La question est en droit d'être posée.

Le responsable de la Jérusalem des Terres Froides terminera ici pour l'heure présente son « coup de gueule » contre la « Benhabibolâtrie » vigilienne avec deux images. Pour influencer son lectorat de la même manière que le Journal de Montréal, Vigile reprend une photographie tirée de La Presse où on voit une femme en voile intégral (en « ninja ») brandir un drapeau du Québec avec les fleurs-de-lys remplacées par des symboles religieux. Or, ceci est tiré d'une manifestation : il n'est pas dit que cette personne soit réellement « en ninja » tout les jours (et des vrais « ninja », même à Montréal, on en voit très très peu. Personnellement, votre serviteur en a vu 4 en 15 ans de vie citadine). Elle peut très bien s'être accoutrée ainsi pour but de provocation et de visibilité dans la manifestation. Cette image copiée-collée de Vigile est suivie ici de la photographie de Richard Le Hir tel qu'on peut le voir sur sa page Wikipedia (où on apprend que, apparemment, Le Hir a déjà été fédéraliste). La première constatation est qu'il est moins fringant, plus vieux et plus gras que sur sa petite photo de Vigile. Mais surtout, à la vue de celle-ci, il est difficile de ne pas y voir effectivement un vieux baby-boomer bouffi de ses privilèges, jouissant d'une excellente sécurité financière et qui s'en prend à des femmes dont la situation sociale est bien plus précaire que lui, un vieux politicien sur le retour pour monnayer « ce qui lui reste d'informations post-datées ». Une image vaut « 100 000 mots » ? ...