mercredi 26 février 2014

La « magie égyptienne » de Katy Perry et le nom d'Allah

Le responsable de la Jérusalem des Terres Froides a vu le vidéoclip Dark Horse de Katy Perry. Il est au courant pour la controverse sur le « nom d'Allah » brûlé. Évidemment, beaucoup y voient là une attaque occulte contre l'Islam, un « coup des illuminatis (qui aiment tellement l'Égypte pharaonique) ». L'auteur de ce blog profite de sa tribune pour exprimer qu'il ne croit pas à cette histoire à savoir qu'on aurait consciemment voulu brûler le nom de Dieu en arabe. Il pense plutôt qu'il s'agit d'un mauvais choix d'accessoiriste qui n'avait jamais pensé aux retombées si importantes de son choix. Ce qui avait voulu être représenté dans le clip est une sorte de bédouin héroïque « plein aux as » qui cherche à impressionner avec son butin de guerre madame la croqueuse de diamants (ce qu'elle fait effectivement juste après l'avoir « asséché »), le « Allah » n'étant qu'un des nombreux colifichets à son cou. Et même que s'il a été brûlé volontairement, il n'y a toujours pas de blasphème car le message profond de l'histoire est que si tu es assez con pour tout miser sur les diamants et une femme, porter en vaine gloire le nom d'Allah à son cou ne te protègera pas des conséquences, fussent-elles celles d'une sorcière-pharaonne.

Puisqu'on y est, pour le reste du vidéoclip, votre serviteur estime qu'il n'y a pas là nécessairement la marque d'un super-groupe occulte de magie noire style « illuminatis ». Il a lu les paroles de la pièce et il s'est attardé sur les commentaires Youtube du vidéoclip pour trouver cette remarque suivante d'un certain « Tricob1974 » :

The lyrics in this song seemed very out-of-character regarding Katy, and then I realized that she probably represents an illegal drug in this song.  All it takes is one dose to get you hooked, and you're never the same again.  You start to lose grips with reality and the way it works.  You can even believe that you're totally in control, when it's actually the other way around.  Even some of the instrumentals suggest the illegal drug theme.  I can understand the confusion with what the song's about, though;  the lyrics don't illustrate the picture flawlessly.  I suspect some lyrics might have been changed at the request of the record label.

À bien y penser, votre serviteur est d'accord avec lui. À écouter les paroles sans les images du clip, on réalise que ça peut effectivement être les paroles d'une relation « amoureuse » entre un drogué et son « fix », ce qui explique mieux certaines références comme « Aphrodite » (alors que le clip est « égyptien ») ou Jeffrey Dahmer (référence justifiée lorsqu'il s'agit de la brutalité d'une intoxication dure mais qui n'a aucune cohérence dans la narrative visuelle du clip). « Je suis capable de tout », « fait de moi ton seul amour », « ne fait pas de moi ton ennemi », « alors tu as voulu jouer avec la magie », « il n'y a pas de retour possible », tout ça peut là aussi se rapporter à une relation entre un intoxiqué et sa substance. Même dans le clip lui-même, ces couleurs très voyantes, très chatoyantes « bonbon », ces hommes qui sont « asséchés » en une poudre brune qui évoque « l'héroïne », le dernier étant réduit à l'état d'animal, peuvent donner à penser à une histoire de drogue (sans oublier les « ailes d'anges » vers la fin pour atteindre le « ciel »).

Ceci dit, bien que les zozotériques anti-satanistes vous diront que tout est toujours calculé au quart de tour et qu'il n'y a jamais de hasard dans l'industrie de la musique, la JTF ne pense pas qu'il y avait un lien « pharaonique » dès le départ entre le moment où cette chanson a été écrite et la réalisation du vidéoclip. Et bien qu'il n'ait pas vu les clauses du contrat de madame Perry avec sa maison de disques, votre serviteur doute que notre jeune artiste puisse avoir un grand contrôle sur la production de ses vidéoclips. Quelqu'un qui est dans le domaine depuis longtemps, qui est propriétaire de ses droits d'auteur et maître de sa carrière comme David Bowie, alors là pas de doute, il est responsable de tout de A à Z, mais la petite Katy ? L'impression personnelle du responsable de la JTF, c'est que mademoiselle s'est occupée de sa chanson et plus tard un réalisateur de vidéoclips lui a dit « J'ai une vision pour ta chanson, je la voie dans une thématique d'Égypte ancienne et on pourrait t'habiller en Cléopâtre... », le producteur a embarqué dans l'idée et de fil en aiguille cela s'est bouclé avec ce que nous avons sous les yeux aujourd'hui. Il ne faut pas oublier que l'Égypte antique revient toujours cycliquement à la mode, comme l'avait appris avec surprise les Bangles dans les années 80 avec leur désormais célèbre Walking like an Egyptian.

Après tout ce qui vient d'être avancé, la Jérusalem des Terres Froides ne tient pas non plus la position à savoir qu'il n'y a aucune « action occulte » dans ces vidéoclips en général. Nombreux sont les clips vus qui ont dégouté votre hôte par leur apologie de la violence et leur hypersexualisation. Et même quand ils sont « soft » ou qu'il n'y a aucune violence ni cul, ils sont toujours les produits d'une logique commerciale qui, d'une façon ou d'une autre, fait tout pourrir.

Finalement un dernier mot qui ne plairera pas à certains musulmans. Remarquons que si le personnage du clip avait porté le nom de Dieu mais en français, en chinois ou en sanskrit au lieu de l'arabe, combien parmi la « Oumma » se seraient levés pour dénoncer ce « scandale » ?

mardi 25 février 2014

Le vampire du cinéma est devenu sympathique

Une petite reprise d'article sur un fait culturel cinématographique qui intéresse forcément le responsable de la Jérusalem des Terres Froides.

---"Le vampire est devenu sympathique"---

Par Claire Rainfroy
Paru sur le site d'Europe 1
Le 21 février 2014

INTERVIEW - De Tarantino à Coppola, le vampire fascine les cinéastes. Matei Cazacu, spécialiste du sujet, retrace l’histoire de ce sulfureux personnage. 

Le vampire est un personnage récurrent du grand et petit écran. Cette semaine encore, le film de Jim Jarmusch, Only lovers left alive, incarne l'histoire de ces monstres intrigants. Une figure de fiction également à l’honneur de l’exposition “Nuit”, organisée par le Muséum d’histoires naturelles à Paris. Pour tout savoir sur le vampire, Matei Cazacu, qui a consacré plusieurs ouvrages au vampire, retrace son histoire et explique sa présence récurrente au cinéma. 

D’où viennent les vampires ?

Matei Cazacu : Le vampire est une représentation de la vie après la mort et apporte une réponse comme une autre aux inquiétudes des croyants. Pour rassurer leurs angoisses, l’Église a fourni d’autres réponses en inventant le paradis, l’enfer, puis le purgatoire. Mais l’Église orthodoxe, qui rejette l‘autorité de Rome en 1054, n’a jamais reconnu le concept du purgatoire. C’est l’une des raisons pour laquelle la croyance envers les vampires s’est fortement développée en Europe de l’Est, où l’orthodoxie est très présente. Dans ces pays, et notamment en Roumanie, il y a récemment eu des cas de vampirisme. Des membres d’une même famille ont déterré l’un de leurs ancêtres et lui ont mangé le cœur, parce qu'ils affirmaient que ce dernier les hantait. 

Les vampires existaient donc avant le livre de Bram Stoker de 1897 ?

M.C. : En réalité, des figures proches du vampire existaient déjà à l’époque gréco-romaine. Dans certains livres, on rencontre des personnages morts, qui refont leur apparition dans le monde des vivants sous forme de loups. Cela dit, les vampires apparaissent principalement au moment où les Hommes commencent à enterrer leurs morts. Il s’agit d’un aller simple : le défunt ne doit jamais revenir. Mais il peut arriver que quelque chose se passe mal lors du rite funéraire. Et dans ce cas, certaines croyances veulent que le mort puisse revenir pour obtenir réparation. D’ailleurs, à l’origine, le terme vampire est un mot slave qui signifie “fantôme” et renvoie à un être immatériel. Il désigne l’âme d’un mort, qui revient sur terre pour qu’on remédie à son mécontentement. 

Pourquoi le vampire a-t-il connu un tel succès ?

M.C. : Le vampire que l’on connaît, ce suceur de sang aux longues dents, est une construction littéraire du XIX siècle, grâce au livre de Bram Stoker, Dracula. Il a transformé le vampire en aristocrate. C’est cette représentation, beaucoup plus intrigante que les précédentes, qui s’est imposée.

C’est d’ailleurs dans cette version que le soleil devient mortel pour le vampire. Ce qui a nourri les fantasmes et l'imagination, car chez les aristocrates certaines maladies liées à la consanguinité empêchaient les personnes atteintes de s’exposer au soleil. Grâce au livre de Bram Stoker, le vampire a donc connu un énorme succès au théâtre ainsi que sur grand et petit écran.

Le vampire est à la fois présent dans le cinéma d’auteur, comme dans des sagas très populaires comme Twilight. Est-il devenu un personnage consensuel ? 

M.C. : Le vampire s’est démocratisé dans les années 1970, grâce au livre d’Anne Rice, Entretiens avec un vampire, qui a contribué à le rendre très populaire. Il le présentait comme un personnage amoureux et très humain : en clair, comme monsieur tout le monde. Ce livre a suscité un très fort engouement, avec un important réseau de fan-clubs. Avec cet ouvrage, le vampire a cessé d’être un personnage aristocratique méprisant, pour être perçu comme quelqu’un de sympathique, qui ne fait plus peur. Le vampire est devenu gentil, plus consensuel, et a cessé d’être considéré comme un monstre terrifiant.

lundi 24 février 2014

Nouvelles révélations sur l'opération « Paperclip »

Plus le temps passe dans l'historiographie de la deuxième guerre mondiale, plus les liens de complicités entre l'Allemagne nazi et les USA se révèlent à la lumière du jour, au grand désespoir d'un Vincent Reynouard qui se retrouvera tôt ou tard obligé de reconnaître que son national-socialisme était lui aussi un jouet de la finance. Aujourd'hui, c'est la parution d'un nouveau livre sur l'opération « Paperclip », qui avait permis aux Zuniens de récupérer et recycler l'expertise nazi, et ses retombées dans le programme MK-Ultra. Sujet lourd mais nécessaire d'en prendre conscience.


---Les États-Unis ont employé d'anciens nazis pour perfectionner leurs méthodes d'interrogatoire---


Par Ian Allen
Paru originalement en anglais sur Intelnews.org, traduit en français par Résistance 71 repris sur Mondialisation.ca
Rajout de deux hyperliens par la Jérusalem des Terres Froides
le 24 février 2014

Les Etats-Unis se sont appuyés sur l’assistance de douzaines de scientifiques allemands pour développer leurs techniques invasives d’interrogatoire ciblant l’URSS dans les premières années de la guerre froide, d’après une toute nouvelle publication sur le sujet. Le livre intitulé: “Operation Paperclip: The Secret Intelligence Program that Brought Nazi Scientists to America de la journaliste américaine Annie Jacobsen, va sortir cette semaine.

L’Operation Paperclip ou en français, l’opération trombone, fut mise en place durant le seconde guerre mondiale par l’Office of Strategic Services américain (OSS), le service précédent la CIA. Le but de cette opération était de recruter des scientifiques qui avaient travaillé pour le IIIème Reich allemand, le but principal étant de retirer l’expertise scientifique allemande aux Soviétiques. Des centaines d’ancien scientifiques nazis furent amenés aux États-Unis sous le couvert de contrats militaires secrets durant la seconde moitié des années 1940. Eventuellement, les scientifiques recrutés furent utilisés pour augmenter des projets soutenus par le gouvernement américain, incluant le programme spatial et plusieurs techniques de collection de renseignements.

Le livre de Jacobsen détaille aussi l’opération Bluebird (Geais en français), programme géré par la CIA sous l’opération Trombone (Paperclip), qui employait d’anciens experts nazis des armes biologiques, des chimistes et des médecins. Ces derniers furent employés pour conduire des expérience fondée sur l’emploi de l’Acide Diethylamide Lysergique ou LSD, avant d’extorquer des confessions aux agents soviétiques cibles. Dans plusieurs cas, la substance chimique induisant des hallucinations fut donnée aux captifs russes, qui furent aussi soumis à des techniques d’hypnose et autres manipulations psychologiques.

Le livre nous indique que des techniques furent développées sous la supervision primordiale du Dr. Walter Schreiber, le médecin en chef du IIIème Reich. Schreiber aida l’OSS à établir un laboratoire expérimental à Camp King, un site de la CIA localisé près de Francfort, dans le secteur américain de la zone d’occupation alliée de l’Allemagne. Plus tard, lorsque Schreiber fut transféré aux Etats-Unis par la CIA, le Dr. Kurt Blome, son ancien assistant aux hautes affaires médicales du IIIème Reich et spécialiste de la fabrication d’armement biologique à base de peste bubonique, prit en compte le programme.

Le livre contient des extraits de memos écrits par le directeur adjoint du renseignement américain de l’époque, Allen Dulles, dans lesquels il explique le besoin “d’augmenter en intensité les méthodes d’interrogatoire habituelles” avec l’aide des scientifiques allemands. Dulles continue avec la description de “résultats prometteurs” produits par des interrogatoires impliquant l’utilisation de “faibles doses de drogues couplées avec de l’hypnose”, des techniques de chocs électriques et autres méthodes similaires. (NdT: Ces techniques furent ensuite utilisées dans les programmes MKUltra de la CIA).
Ian Allen

Où vivent les démons ?

Il est bien connu que le « satanisme » est en principe la singerie de Dieu, son imitation grotesque. Puisqu'on parle dans le christianisme d'une « sainte-trinité », il doit donc forcément y avoir une « trinité infernal », l'un étant un triangle pointé vers le haut et l'autre vers le bas. Puisque la Jérusalem des Terres Froides est en pleine révélation « saTÂNique » pour permettre au duo Salim Laïbi/Marion Sigaut la rédaction d'un Malleus Maleficarum du 21ième siècle, elle se devait de respecter ce principe trinitaire et d'y aller avec trois « révélations ». La première fut Comment fonctionne un sortilège de mort, la seconde Est-ce que le « vrai » satanisme existe ? et maintenant la troisième mais non la moindre, Où vivent les démons ? Cette dernière est l'extrait qui a donné son nom au livre infâme de Frater U.'. D.'. cité aux trois articles, Where do Demons Live ? (Llewellyn, USA, 2010). Il s'agit ici de la reproduction fidèle des pages 45 à 48.

Cette fois-ci, c'est plus sérieux car l'auteur aborde directement la question des évocations en goétie, un sujet dont Salim Laïbi ignore tout mais qu'il croit connaître et qui doit probablement enflammer son imaginaire grouillant de « mages noires maçonniques kabbalistes "frankistes" à sacrifices d'enfants financés par Rothschild et Rockefeller ». Laïbi et Sigaut voulaient une « preuve hors de tout doute » que Charles Tremblay est un « saTÂNique dégénéré », voilà la plus solide qu'ils puissent disposer. Là, c'est sûr, l'âme du responsable de ce site va connaître les pires souffrances de l'enfer pour l'éternité pendant que les soraliens seront au Paradis...


---Where do demons live ?---

Dear Aunt Klara, One question has been bothering me for years - to be more specific, ever since I began experimenting with evocations. Where do demons live ?

Petra H. from Z.

Dear Petra,

Oh boy, did you catch me off guard with that one ! Hmm, where do they live ? After several sleepless nights, I finally realized that this question is not as strange, trite, or ven funny as it first seems. You are probably hinting at the endless debate between animists and spiritists that still gets people (e.g. parapsychologists) quite worked up. The animists believe that demons (and all other "seemingly transcendantal beings") are actually psychological projections, meaning that they originate within the magician himself or herself.

On the other hand, the spiritists claim that demons are real, self-sufficient entities that would exist even without our help. According to the animists, then, these flaky lads reside in your own soul, whereas the spiritists insist that they live in the astral world (or a similar place ; the different levels of the various systems are so numerous that it's hard to keep track of them all). Neither group can scientifically prove its position, nor can either group disprove the position of the other. So, again, it is merely a question of how one views his or her own universe from an objective standpoint. Since a true modern magician is continually training his or her ability to smoothly shift from one paradigm to another, it doesn't matter much how things "really" are, especially considering the fact that the word real does not hold much value. If you would like a pragmatic approach, however, I can recommend the following :

Only view demons as real, existing beings when you are performing evocations (for example, when summoning demons to appear in a triangle you have created) ; at all other times, consider them to be merely an aspect of yourself. This method had three advantages : (a) when not performing ritual work, you are not susceptible to the pranks that these little devils like to play ; (b) it ensures that demons will manifest more easily during your ritual work with the circle and triangle ; (c) you will be training yourself to think flexibly, thus enabling a fast shift from one paradigm to another.

However, if you feel that you can ignore my advice, then I can only say the following : if you really do conjure a demon and it manifests, it always feels like a real, autonomous being, regardless of what your common sense might have to say about it. Admittedly, an experience like that will probably make you tremble in your robe, and the energy produced by fear is exactly what makes such manifestation possible in the first place. But if a demon appears and you think, "Ha ! You are nothing but a projection of the dark side of my soul" and you feel incredibly clever in doing so, just like C.G. Jung himself, then that is nothing but foolishness - and you are obviously much more interested in supporting your intellectual concept than having a true demonic experience. Maybe you are just scared ? After all, demons are not the kind of guys that a sensible aunt would want to have at her tea party. Explaining your way out of things may work to banish them, but it will not eliminate their existence entirely.

With a demonc grin,
Aunt Klara

vendredi 21 février 2014

Est-ce que le « vrai » satanisme existe ?

Tel qu'indiqué à l'article précédent, Comment fonctionne un sortilège de mort, le responsable de la Jérusalem des Terres Froides poursuit son oeuvre de « divulgation du satanisme » afin d'aider Salim Laïbi et Marion Sigaut à pouvoir rédiger un Malleus Maleficarum 2.0. Avant c'était le duo Sprenger/Institoris ? Maintenant c'est Laïbi/Sigaut et gare à qui les contestent car ce ne saurait être autre chose que des gens impliqués dans les trafics d'enfants à la Dutroux (surtout que la dernière affirme « sentir ces choses-là »).

Aujourd'hui, l'infâme Charles Tremblay vous reviens avec un nouveau propos du « très saTÂNique » Frater U.'. D.'. qui, pour empirer les choses, vit actuellement en Belgique, le même pays que Marc Dutroux (ce qui est amplement suffisant pour que « le bon docteur » fasse le lien entre les deux et résume le tout avec son mot-fétiche : dégénérés). Et comme si ce n'était pas suffisant, cet extrait parle du « vrai » satanisme avec une définition de la question qui ne va pas dans le sens des « très divins » zozotériques soraliens ; sur des preuves aussi accablantes, il est assuré aux yeux des adeptes du « mystique authentique » que l'auteur de ces lignes fait partie de ce qu'il y a de plus bas dans l'humanité. Quoiqu'il en soit, votre serviteur arrive à vivre avec et persiste. Ce qui suit sont les pages 95 à 100 du même « recueil de maléfices », Where do Demons Live ? Everything You Want to Know About Magic ? Que les soraliens qui se disent « anti-Système » méditent la toute dernière phrase de ce texte ; ils ne pourront pas dire qu'ils n'ont pas été avertis.


---Do "true" Satanist really exist ?---


Aunt Klara, help ! No matter what newspaper I open up, or what magazine I page through, everywhere I see headlines such as "Juveniles in the claws of Satanist," "Satanic cults in school," and "Black Mass held during lunch break." I have the vague feeling that such scandal-mongering journalism is throwing a whole bunch of different things together into one pot. Is there really such a thing as Satanists anyway ? Can you help ?

Elfriede H. from B.

Dear Elfriede

Sigh, that's what I was afraid of ! Well, well, my dear, many a poor old witch has asked this question herself : is there even such a thing as Satanism ? But first a few words about the current media hype. It certainly is possible that séances are sometimes held at schools, with table-rapping, automatic writing, and other types of spirit conjuration, but most incidents are probably meant more as a joke. Of course, sensationalist journalism loves things like that and publishes them big. Then dear little children everywhere are approached by their parents about these horrible fairy tales ("Do you have things like that at your school, too, dear ?") and think to themselves, "That's an awesome idea ! We should try that out !"

Do not accuse me of playing the situation down, through. After all, the theory that so-called "juvenile Satanism" is being systematically hyped by the media was recently confirmed to me by a religious-cult advisor who, by the way, takes the whole thing a lot less seriously than a vehement atheist of a more rationalistic nature might do.

But in reality, dear Elfriede, you are actually looking for "true," "genuine" Satanists who have truly earned their reputation, right ? This boils down to a problem of definition, through. Because what one person defines as Satanism, another might call spiritual Christianity. In this sense, extremists in the church hierarchy have sometimes gone so far as to claim that Transcendantal Meditation is Satanic, and some Christians fundamentalists thinks that everything that lies outside the vision field of their pious blinders is the devil's work. And wasn't the image of the devil invented by the church hierarchy in the first place ? Oh, how wistful my little sorceress heart becomes when I think about what they did to our good ole Pan ! And how they had to erect their chapels and cathedrals right on top of the sites that were previously used by other "devilish" cults to perform their "dirty little deeds." One can never please such simple souls, and you want to define Satanism like that, then there are of course plenty of Satanists out there.

But how do those people who consider themselves to be true Satanists view this ? Well, since you don't run into them every afternoon at your favorite café, we are forced to fall back on the various forms of literature. Satanism is often defined as a form of reversed Catholicism. And indeed this may have applied for the most part to salon Satanists of the late nineteenth century. Inversion is a typical characteristic of this, known back then as a "reversal of values," which Nietzsche popularized into a mega cultural topic. But this is always defined through a love-hate relationship with the dreadful model of the Catholic Church. For example, the notorious Black Mass is usually nothing more than the inversion of the Catholic High Mass. Whether the Our Father is said backwards (although I have never run into anyone who has seriously practiced such a perfect example of this nonsense), whether crosses are worn upside down, or whether the Holy Communion is desecrated by substituting it with excrement or urine - each of these would be impossible without immediate references being made to the Catholic Church. This includes the common belief in many so-called "Satanic" circles that, in order for it to be effective, the Black Mass may only be performed by a former Catholic priest who turned disloyal or was suspended.

With the key word inversion, we have already identified the basic principle of Satanism fairly well. After all, there is a good reason why Satan is known as "the spirit that ever denies." In this sense, he is the necessary complement to or antagonist of the good God of creation that we are familiar with in a deistic or monotheistic world view. Wasn't it Lucifer who once proclaimed, "Non serviam !" ?

Pete Carroll and Frater U.'. D.'. have often pointed out that a Black Mass held in modern times should actually contain entirely different elements instead of just trying to break down ancient, crumbling doors that have already been wide open for a good hundred years in the first place. In this sense, magicians described as Satanists should be less concerned with turning Christian symbols of martyrdom upside down and more concerned with slamming a brick into the television set during the international soccer finals. They should recite stock market prices and weather forecasts backwards instead of attacking the Bible, which they probably know virtually nothing about anyway. What I just said about the Black Mass applies, of course, mutatis mutandis, to Satanism as a whole.

But the true magician wants a whole lot more. Since his or her real concern is always just magic and power, which can be more loosely defined as "efficiency," the magician is never satisfied with confirming the existing world order by provoking it. That only causes a stalemate instead of dissolving something, as every revolution has always proved over and over again. But when the spirit of opposition is taken one step further, its tender roots will soon wrap around solid rocks. Then the magician is no longer satisfied with things such as gravity or the complicated process of metabolism. Not that these and other such things have already been mastered, but at least one never stops trying to do so. In this sense, the magician can never really be anything other than a "Satanist" if he or she accordingly wants to assume sole control of his or her life and what we refer to as destiny. The fact that this has nothing at all to do with the Satanism that we hear about in the media should be obvious. In the same way, such Satanists also have nothing at all to do with magic ; after all, their persistent hate and rejection of orthodox systems only serves in making these systems even more powerful, thus achieving just the opposite of their original intentions.


With jet-black greetings,
Your Aunt Klara

jeudi 20 février 2014

Comment fonctionne un sortilège de mort

Bonjour ! Un bon nombre de personnes considèrent la Jérusalem des Terres Froides comme étant d'essence « satanique » car elle y défend la religion vaudou, Aleister Crowley, l'Union Soviétique de l'époque de Staline et bien sûr, le crime au-dessus de tous les autres crimes, avoir dénoncé Alain Soral comme étant une effroyable imposture. Donc pour quelqu'un comme Salim Laïbi, votre serviteur est un sinistre individu qui doit « être éradiqué », qui doit « être passé au chalumeau » pour « mourir de la pire des manières, et vite », quelqu'un qui, assurément, doit avoir un lien avec les plus sordides trafics d'enfants puisqu'il a défendu l'égorgeur de poulets Jean-Paul Bourre et qu'il s'est opposé à LA GRANDE HISTORIENNE Marion Sigaut lorsqu'elle a dévoilée la « vraie nature des Templiers » (sans compter qu'il a vu les vidéos de « Quequette »).

Étant ainsi condamné aux pires tourments à sa mort et pour l'éternité, le responsable de ce site considère qu'il n'a plus rien à perdre. Même mieux, il va tout dévoiler afin que Salim Laïbi puisse se constituer aisément un Malleus Maleficarum du 21ième siècle qui sera vendu au public via sa maison d'édition diffusée par Kontre-Kulture. Ayant ouvert un compte-Youtube sous le nom « lesarchivesdusorcier », après avoir partagé une série radiophonique sur la sorcellerie, votre serviteur va vous révéler les aspects les plus noirs de la magie, les arcanes les plus ténébreuses, digne du Bohemian Grove et des Georgia Guidestones.

Aujourd'hui : Comment fonctionne un sortilège de mort. La Jérusalem des Terres Froides vous présente ici un nouvel extrait du livre Where do Demons Live ? de « Frater U.'. D.'. » (p.61-64), avec une belle signature en trois points pour faire hurler la bien-pensance zozotérique soralienne.


---How does a death spell work ?---


Dear Aunt Klara, How does a death spell actually work ?

Verene P. from D.


My dear Verena

That is something you do not ask about in public ! What will the neighbors think of us ?

But seriously now : there is no such thing as an "ultimate" death spell, and if you are looking for a patented recipe here, I am sorry to disappoint you.

To experts it is no secret that death spells are among the most difficult types of magical undertakings of all. And there is a good reason for that. A death spell is directed at the primeval source of the target person's magical power - namely, that person's survival instinct. There is no better protection than that ; after all, this survival instinct makes life as we know it possible in the first place. We can safely do away with the old, pseudo-enlightened claim that death spells only work if the victim is informed about them. That may be a fin, reassuring placebo theory for esoteric softies, but not for grim coffee-sipping aunts like us who meet on a daily basis to pleasurably poke voodoo dolls with our knitting needles.

There are plenty of successful cases in which the victim has absolutely no idea what powers have been released so suddenly and specifically. Of course, I do not want to entirely eliminate the possibility that it sometimes works this way. In fact, it really is often a lot easier for the magician when the target person's beliefs just take care of the rest after a dramatic death announcement is made. And since magicians are notoriously lazy people, they are often satisfied with just that - although the professional skeptics among us will conclude that this is exactly what it's all about.

But now I would like to reveal something to you, my dear evil little Verena (because you obviously have a personal interest in the subject, which the feigned neutral wording of your question reveals) : almost all magical attacks are targeted at the victim's immune system. (No, no, no... please do not bring AIDS into the picture here. That really has nothing to do with it !) This is quite logical, because once the immune system is weakened, even the smallest, most seemingly harmless bacterium can become a potential ally of the attacker. Magical operations that aim at the weakening the victim's aura, spells to cause confusion and desintegration, and of course, the ever-so-popular car-crash magic - all of these techniques are used by magical villains to knock off members of the black list : rich aunts (no, I am not, so don't even try), mothers-in-law, spouses, rivals, bosses, teachers, lawyers, judges, neighbors, and even unloved pets.

But never fear. Only on rare occasions are death spells truly deadly. The victim's inner resistance (the Master Therion might say the person's True Will) is usually much too strong. But there are worse things than death anyway : for exemple, life as a zombie.

At this point, I need to warn you against the widespread opinion that all "black magic" will automatically bouce back to the initiator sooner or later. Unfortunately - or luckily ? - there is no such automatic mechanism, no such cosmic motherly regeneration process. No, there are other ways to protect yourself from a death spell - but that was not what you asked, was it ?

So I would like to wrap this up now with sappy, sweet greetings. The best of luck to you - whatever that might mean !

Yours, Aunt Klara

mercredi 19 février 2014

La véritable « affaire Dieudonné »

On retrouve beaucoup de réflexions intéressantes sur Dieudonné M'Bala M'Bala de ces temps-ci sur le ouèbe. Comme par exemple les propos de « Scady Adit » et ceux de « dissidence etat ». Dans les commentaires également on trouve quelques perles dont ce mot de « Joe Hann-Livernett » à la suite de « Scady Adit », qui résume ce qu'est véritablement « l'affaire Dieudonné ». Le responsable de la Jérusalem des Terres Froides l'a « plussé » bien entendu mais davantage, il le reprend ici :
 
Il y a quelques mois à propos de l'affaire Moualek, je t'avais contesté assez sévèrement, dois-je le reconnaître mais quant à l'affaire Dieudonné et ses chiens de garde, je dois malheureusement reconnaître que tu as raison. Moi aussi j'ai pu constater des dizaines de fois que les soutiens de l'humoriste ont des procédés plus que discutables pour ne pas dire puérils et dépourvus d'une réelle utilité. La vérité est que la mouvance anti-système dit de la quenelle n'est qu'un effet de mode grotesque qui ne fait rien d'autre qu'entretenir une certaine débilité. Tous ces abrutis fanatiquement et inconditionnellement pro-Dieudonné dans 10 ans auront honte de ce qu'ils ont été, c'est une certitude. C'est ça le problème de Dieudonné c'est qu'il n'attire qu'une écrasante majorité de pauvres types, de paumés, de minables, etc... qui, à la lecture de leur commentaires au-dessous de ses vidéos hebdomadaires, me font relever des détails révélateurs : messages débiles de soutien "inconditionnel jusqu'à la mort" (sic), citations de ses répliques cultes (ferme-là, quenelle dans ton cul, etc...) en se "croi(v)ant" intelligent et authentiquement résistant, fautes d'orthographe et de grammaire inadmissibles, etc... bref, la totale. Tout ça est pathétique et le pire est que Dieudonné en joue de la connerie de ses fans car c'est son gagne-pain.

lundi 17 février 2014

Sanctuaires vaudou négligés à Haïti

La Jérusalem des Terres Froides n'avait encore rien fait paraître à son libellé Vaudou en cette année 2014. Elle reprend son activité avec un petit article d'AlterPresse sur le manque d'entretien de sites vaudou importants dans l'histoire haïtienne à la veille d'un grand carnaval aux Gonaïves.


---Haïti-Carnaval : Les sanctuaires de vodou aux Gonaïves, négligés dans le cadre des préparatifs---


Correspondance de Exalus Mergenat
Paru sur AlterPresse
Le 17 février 2014

A environ deux semaines des festivités carnavalesques (dimanche 2, lundi 3 et mardi 4 mars 2014) aux Gonaïves (Artibonite / Nord), aucun préparatif n’est entrepris jusqu’ici dans les sanctuaires vodou Badio, Soukri Danach et Souvnans très fréquentés durant les cérémonies spécifiques annuelles, constate l’agence en ligne AlterPresse.

Ces sanctuaires pourraient bien recevoir des visiteuses et visiteurs pendant les festivités carnavalesques prévues début mars 2014.

Situé à proximité de la rivière la Quinte, à 8 kilomètres au nord des Gonaïves, dans un paysage parsemé de bayahondes, de neem, nhymnes et autres types d’arbres, Lakou Badio est un lieu mystique qui aurait existé depuis avant la proclamation de l’indépendance d’Haïti (le 1er janvier 1804).

Classé parmi les patrimoines culturels haïtiens, Lakou Badio, haut lieu sacré de pèlerinage, est constitué d’un péristyle, d’un centre d’accueil et d’une mare, dans laquelle les participantes et participants sont invités à se baigner à l’occasion de la fête du « lakou » célébrée, tous les ans, du 2 au 6 janvier.

C’est à Badio que Jean-Jacques Dessalines serait venu se recueillir pour la bataille de l’indépendance haïtienne.

Son épée, qui est conservée dans ce péristyle, attire des pèlerins tous les 7 ans, moment où on la déterre là où elle est enfoncée, confie à AlterPresse le serviteur responsable de Lakou Badio, Estimé Dorsainvil.

D’importants travaux de rénovation mériteraient d’être effectués à Lakou Badio, surtout dans le péristyle (le temple pour les cérémonies), dont la toiture est en très mauvais état, se plaint le serviteur.

La toiture, en bois dur et en tôles, du péristyle serait trouée sur toute sa surface, laissant passer l’eau dans le temple chaque fois qu’il pleut, signale Dorsainvil.

La maison d’accueil, construite sous l’ancienne administration politique (à l’époque du président René Garcia Préval et de la première ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis, entre 2008 et 2009, n’est pas en bon état.

Le pire, c’est que Lakou Badio ne dispose d’aucun bloc sanitaire.

« Vu l’importance de Lakou Badio dans la lutte pour l’indépendance haïtienne, il est trop négligé, trop maltraité par les autorités. Je ne fais pas de la politique, mais il n’est pas possible pour qu’à environ deux semaines de la tenue du carnaval, rien n’est encore fait à Badio. Ça me fait honte », se désole le serviteur Dorsainvil.

Aucune intervention n’est faite sur le tronçon en terre battue, donnant accès à Badio. Les autorités ont, pourtant, annoncé des travaux d’aménagement sur ce tronçon poussiéreux.

Même tableau à Lakou Soukri Danach, dont la fête principale a lieu tous les 15 août et dure deux semaines.

Situé à 13 kilomètres, au nord-est des Gonaïves, Lakou Soukri Danachfait face aussi à d’énormes difficultés, fait savoir à AlterPresse la servante responsable du lakou, Marie Carme Delva.

« En plus de l’électricité, nous n’avons ni toilettes, ni eau à Soukri. Les autorités nous ont, souvent, promis de faire quelque chose, mais cela reste des promesses non tenues », souligne Marie Carme Delva.

En revanche, des préparatifs, pour le carnaval de début mars 2014, Souvnans, sont observés à l’autre sanctuaire de vodou, qui se trouve à 10 kilomètres au sud-ouest des Gonaïves.

Contrairement à ce qui se passe dans les autres lakou, des camions de remblais y sont à l’œuvre.

A l’instar de ses collègues de Badio et de Soukri, le serviteur de Lakou Souvnans, Fernand Bien-Aîmé, se plaint, lui aussi, du comportement des autorités qui n’ont rien planifié, avec lui, à quelques jours des 3 jours gras de 2014.

La principale fête de Lakou Souvnans, se déroule pendant trois jours, autour du 23 avril, généralement en période pascale. Cinq millions de dollars américains (US $ 1.00 = 45.00 gourdes ; 1 euro = 63.00 gourdes aujourd’hui) devraient être décaissés par l’actuelle administration politique (du président Joseph Michel Martelly et du premier ministre Laurent Salvador Lamothe) pour la réalisation de travaux d’infrastructures dans le cadre de l’organisation du carnaval aux Gonaïves, a annoncé Martelly le 1er janvier 2014, lors de la célébration du 210 e anniversaire de la proclamation de l’indépendance.

vendredi 14 février 2014

La troisième guerre mondiale via l'Ukraine ?

Voici un article trouvé sur le Réseau International à propos des évènements actuels en Ukraine. Il s'agit d'un entretien avec le général russe Leonid Ivashov, celui qui avait dénoncé la mascarade états-unienne au lendemain du 11 septembre 2001. Il y parle des risques de dégénérescence en guerre mondiale ouverte de la stratégie de déstabilisation qu'emploient présentement les atlantistes en Ukraine. Sujet lourd et inquiétant mais que la Jérusalem des Terres Froides estime nécessaire de faire partager au plus grand nombre. Cet article est à mettre en lien avec celui Comment l'atlantisme-sionisme utilise des pseudo-ONG comme « chevaux de Troie » pour envahir la planète, paru ici le 27 janvier 2014.


---Général russe : La Russie en état de guerre !---


Le 14 février 2014 

Dans un entretien publié le 10 février sur km.ru, le général russe Leonid Ivashov, ancien chef du bureau des affaires étrangères du ministère russe de la Défense et actuellement président de l’Académie des études géopolitiques, lance une mise en garde claire et précise les conséquences dramatiques pouvant découler de la crise ukrainienne : 

"Il semble qu’ils [des responsables clé au sein de l’Union européenne ainsi que le secrétaire d’Etat américain John Kerry] se soient consacrés à l’étude de la doctrine du Dr Goebbels, et continuent à le faire. (…) Ils présentent tout dans un sens contraire à la réalité. C’est là une des formules que la propagande nazie avait employée avec le plus de succès : (…) Ils accusent d’agression, le parti qui cherche à se défendre. Ce que nous voyons en Ukraine et en Syrie est un projet occidental, une guerre d’un genre nouveau : dans les deux cas nous voyons une approche clairement anti-russe, et il est bien connu que les guerres commencent avec des opérations de guerre psychologique et de manipulation de l’information. (…)

Je présume que le ministère des Affaires étrangères comprend que nous sommes en guerre, et que les guerres ont leurs lois. (…) Après la guerre de l’information, ils préparent [une opération] terrestre et navale en Ukraine.

Kerry et Obama encouragent à Kiev ce qu’ils répriment durement dans leur pays. Les dirigeants européens combattent les manifestations non autorisées avec des tuyaux d’arrosage et jettent les manifestants en prison, tandis que dans le cas ukrainien ils font exactement l’inverse et, en plus de cela, ils menacent la Russie. En toute logique, cela fait partie de la guerre de l’information.

Gardez à l’esprit que la commotion provoquée par l’information, cache le fait que des navires américains entrent dans la mer Noire, près de l’Ukraine. Ils envoient leurs "Marines", et ils ont également commencé à déployer plus de chars armés en Europe. (…) Après la guerre de l’information, ils préparent une opération terrestre et navale. Peut-être aussi aérienne.

Le scénario pourrait se dérouler comme suit: conduire l’Ukraine au bord de la rupture, blâmer Ianoukovitch et la Russie pour tout cela, pour ensuite pouvoir dire que l’OTAN ne peut pas en rester là, à ne rien faire, et se doit par conséquent d’envoyer ses troupes pour rétablir l’ordre.

Un gouvernement de transition serait ensuite formé, comme en Irak et au Kosovo, et l’OTAN prendrait le contrôle des choses. L’histoire nous a montré des situations similaires".


Solidarité et Progrès

Survivalisme (4) : Le village

Ce qui suit est une nouvelle extraite de la compilation Le village de Kate Wilhelm, paru en français chez Denoël dans la collection  Présence du futur (1978, original anglais 1975, traduction française de Sylvie Audoly), pages 273 à 285. Elle est dédiée à ces malheureux qui voulaient simplement prendre un avion le matin du 11 septembre 2001 et qui furent massacrés sans pitié par les atlantistes-sionistes pour faire croire à un attentat arabo-musulman (sans oublier la petite danse de joie des 5 israéliens en camionnette blanche, qui se réjouissaient d'allégresse devant tout ce carnage).

Espérons qu'il ne s'agit pas là d'un texte prophétique...


---Le village---


Mildred Carey décida de se rendre à pied à la poste tôt dans la matinée, avant que le soleil n'ait transformé les deux pâtés de maisons en fournaise.

- On a changé quelque chose au climat, dit-elle à son mari en emballant ses trois sandwiches et la thermos de limonade. Il ne faisait jamais cette chaleur si tot dans la saison.

- Le temps va se rafraîchir. C'est toujours la même chose.

Elle le suivit jusqu'à la porte et agita la main tandis qu'il s'éloignait à reculons dans l'allée. Les plants de tomates qu'elle avait mis en terre la veille étaient flétris. Elle les arrosa, puis elle marcha sans hâte jusqu'au village. Elle remarqua avec un sentiment de satisfaction que les roses de Mme Mareno avaient des taches noires. Ce n'était pas bon de forcer les fleurs avec trop d'engrais.

Mike Donatti somnolait en attendant les ordres de regroupement et de mise en marche de la manoeuvre de perquisition et de ratissage. Stilweel le poussa du coude.

-Hé, Mike, tu es déjà venu ici ?

-Non. Tous ces putains de villages se ressemblent. De le boue ou de la poussière. C'est la seule putain de différence.

Stilweel était tellement nouveau qu'il était rouge de coups de soleil. Tous les autres de la compagnie étaient bien bronzés. « Hé ! vieux, on pourrait se faire passer pour eux » aimaient-ils dire à Latimore qui, lui, ne pouvait pas.

M. Peters balayait le trottoir devant le marché.

-J'ai du bon salami tout frais, fit-il. Fait par Ed pendant le week-end.

-Êtes-vous sûr que c'est Ed qui l'a fait, et pas Buz ? Buz, lui, met trop d'ail. Moi, ce que je veux savoir, c'est ce qui se cache en dessous.

-Allons Carey, vous savez bien qu'on ne cache rien. Y a des gens qui l'aiment fort et piquant.

-Je m'arrêterai après avoir pris le courrier.

Les quatre enfants Henry étaient déjà dans la rue, sales, courant les uns après les autres dans le plus grand désordre. A première vue, leur mère n'était pas là. Mildred Carey pinça les lèvres. Son Mark n'avait jamais joué dans la rue de sa vie.

Elle entra en passant dans la boutique du Tout à cinq cents, non pas pour acheter quoi que ce soit, mais pour regarder les plantes de pleine terre, les pétunias, les soucis, les capucines.

-Elles n'ont assurément pas bonne mine, déclara-t-elle à Doris Offinger.

-Elles sont belles, madame Carey. Mon frère les a achetées toutes fraîches ce matin chez Connor's, là-bas, à Midbury. Vous savez, Connor's a de la bonne marchandise.

-Comment va Larry ? Est-il toujours à l'hôpital des anciens combattants de Lakeview ?

-Oui. Il sortira dans deux semaines, je pense. Le joli visage de Doris ne manifesta aucune émotion. Ils ont de tellement bons docteurs là-bas, je déteste le voir s'éloigner d'eux, mais il veut revenir à la maison.

-Comment ces gens peuvent-ils supporter en permanence cette chaleur ? fit Stilweel au bout d'un moment.

Le soleil nétait pas encore levé, mais il faisait déjà vingt-cinq degrés, et le taux d'humidité approchait cent pour cent.

-Les gens, il a dit. Hé ! mec, on ne t'a jamais mis au parfum ? Les gens ne la supportent pas, première chose. Mike soupira et s'assit. Il alluma une cigarette. Mec, reviens chez moi au mois d'août. Tu sais que dans les collines d'où je viens, il fait froid, même au mois d'août ?

-Où ça ?

-Dans le Vermont. Je me souviens de plein de fois où il a neigé au mois d'août. La nuit, on dormait sous une couverture.

-Et puis, il peut aider ici, à la boutique. Après sa retraite et le magasin, et tout ça, vous n'avez pas de soucis à vous faire, tous les deux. N'est-ce pas Tessie Hetherton qui est entrée dans le marché de Peters ?

-Je ne l'ai pas remarquée. Vous vouliez une de ces planches, madame Carey ?

-Non. Elles ne sont pas belles. Connor's a dû cueillir les oignons et les exposer dehors. Elle se tenait sur le seuil, louchant en direction du marché de Peters de l'autre côté de la rue. Je suis sûr que c'était elle. Et elle m'a dit qu'elle avait trop d'arthrite pour faire du ménage. Je vais aller lui parler.

-Je ne pense pas qu'elle acceptera. Mme Avery voulait la prendre les mercredis et elle a dit non. Savez-vous que M.Hetherton a trouvé du travail ? A la fabrique de papier.

-Pfft. Ça ne durera pas. Ils vont s'acquitter de quelques unes de leurs dettes de l'hiver dernier, et puis il commencera à se plaindre de son foie, ou d'autre chose, et elle se dépêchera de travailler. Je le connais, cet homme.

Elle quitta la boutique sans se retourner, certaine que Doris allait reluquer les étiquettes des planches. « Vous devriez prendre soin de vous, Doris. Vous êtes pâlotte. Vous devriez sortir au soleil. »

-Madame Hetherton, vous avez retrouvé la santé, lança Mildred Carey en coinçant la femme à sa sortie du magasin.

-Ce  temps chaud y est pour quelque chose.

-Dites-moi, pourriez-vous venir Jeudi matin ? Vous savez, le Club du Jardin se réunit cette semaine, et je ne serai jamais prête si on me donne pas un coup de main.

-Ben, je ne sais pas... Danny s'est mis dans la tête de refuser que je me remette à travailler.

-Mais, ils vont être obligés de fermer l'usine. Et alors, où ira-t-il ?

-La fermer ? Pourquoi ? Qui a dit ça ?

-C'était dans les journaux, il y a quelques semaines. Tous ces poissons morts, et puis la puanteur. Le comité est venu, vous savez, ils ont fait des prélèvements et ils disent que c'est eux les coupables. Ils n'ont pas les moyens de changer tout leur équipement. Alors, ils vont déménager.

-Ah ! c'est ça. Danny m'a dit, n'y fais pas attention. Ils font une étude, et puis ils vont présenter un plan, et ils le feront examiner, l'un dans l'autre ça va prendre cinq ans, ou même plus, avant que ça aboutisse.

-Hum ! Un empoisonnement de plus, et le ministère de la Santé...

Mme Hetherton rit, et Mildred Carey dut sourire à son tour.

-Enfin, de toute façon, pouvez-vous venir juste cette fois-ci ? Simplement pour cette réunion ?

-Bien sûr, madame Carey. Jeudi matin ? Mais la demi-journée seulement.

Le car de ramassage scolaire apparut au tournant et roula bruyamment dans la nouvelle rue principale. Les deux femmes l'observèrent de loin.

-Avez-vous vu les jumeaux Tomkins, dernièrement ? demanda Mildred Carey. Ils les cheveux jusque-là.

-Winona prétend que quelqu'un est venu leur parler d'une affaire de drogue. Je lui ai demandé de but en blanc s'il y avait de la drogue par ici et elle a dit non, mais on ne sait jamais. Les enfants ne vous diront rien.

-Eh bien, je remercie le Seigneur que Mark soit grand et en dehors de tout ça.

-Vous l'attendez pour bientôt, maintenant non ?

-Dans sept semaines. Ensuite, il entrera à l'université à l'automne. Je lui ai dit qu'il était probablement plus à l'abri dans ce collège que dans une de ces universités, à l'heure qu'il est. Elles rirent et se séparèrent. « A jeudi. »

-Écoute, Mike, quand tu rentreras, tu passeras par New York, hein ? Tu pourras téléphoner à la mère ? Simplement pour lui dire...

-Quoi ? Que t'as perdu le moral dès la première fois et que ça t'a monté au cerveau ?

-Appelle-la. Dis-lui que je vais bien. C'est tout. Elle voudra t'inviter à dîner, ou t'emmener dans un grand restaurant. Dis-lui que tu n'as pas le temps. Mais ça lui fera plaisir si tu l'appelles.

-D'accord, d'accord. Viens, on avance.

Ils marchèrent pendant deux heures sans établir de contact. Les hommes étaient disséminés en deux colonnes inégales de chaque côté de la route. La piste était couverte de pousses d'herbe fraîche, et non de mines. La température allait atteindre trente degrés d'une seconde à l'autre. La sueur et la poussière se mêlaient sur les visages, et sur les armes, une sueur boueuse dégouttait sur les chemises.

Le macadam de la rue brillait d'un éclat aveuglant. La chaleur montait en volutes qui tour à tour se délaçaient, disparaissaient, et revenaient. Mildred Carey se demanda si ce n'avait pas été une erreur de refaire la rue, d'enlever les érables pour l'élargir à la circulation qu'on prévoyait importante d'ici un ou deux ans. Elle haussa des épaules et marcha d'un pas plus alerte en direction de la poste. Ce n'était pas son problème. Son mari, qui était au courant, prétendait que la ville devait se développer. Après avoir été vingt-cinq ans dans la construction des routes, il devait le savoir. Fran Marple et Dodie Wilson la saluèrent de la main depuis le café. Fran avait un air nonchalant et malheureux. Aller au café et manger un gâteau, c'était la dernière chose dont elle avait besoin. Mildred Carey leur sourit et passa son chemin.

Claud Emerson pesait une boîte pour Bill Stokes. Bill était appuyé au comptoir, en train de fumer, secouant ses cendres par terre.

-Je n'aime pas ça ici, qu'ils s'en aillent, voilà ce que je dis. Ces foutus gamins avec leurs vêtements sales, et leurs pieds sales. Je parie qu'ils ont pris de la marijuana là-haut. J'aurais dû appeler la troupe, voilà ce que j'aurais dû faire.

-Ils étaient sur les terres de l'État, Bill. T'avais aucune raison de les faire filer.

-Ils ne le savaient pas. Tu crois que je vais les laisser poser leur cul juste devant ma porte ? Qu'ils aillent mettre leurs saletés ailleurs.

Claud Emerson timbra la boîte. Un dollar soixante-douze.

Stilwell et Mike suivaient Laski, Berat et Humboldt. Berat parlait.

-Tu les laisses sortir, et tu vas vers eux avec ton M 16 et tu verras ce qu'ils regardent. Les mecs, ils ont jamais vu un truc pareil ! Une putain de trouille. Terrorisés ! Hou ! Terrorisés et dégoulinants de sueur !

Stilwell avait l'air d'avoir aperçu un monstre vert. Mike éclata de rire et alluma une autre cigarette. Le soleil était presque au zénith quand le lieutenant demande un arrêt. Lui et le sergent Durkins consultèrent une carte, et Humboldt lâcha une bordée d'injures. « Ils nous ont perdus, ces fumiers. Cette putain de route n'est même pas indiquée sur leur putain de carte. »

Mildred Carey regarda les factures et les dépliants publicitaires qui se trouvaient dans sa boîte, conservant la lettre de Mark pour la fin. Elle les lisait toujours deux fois, une fois très vite pour être sûre qu'il allait bien, puis elle recommençait, mot après mot, s'arrêtant pour prononcer les étranges syllabes à haute voix. Elle passait au crible la feuille gribouillée, avant de la replacer dans son enveloppe pour la relire à la maison en prenant son café.

La jeep de Bill Stokes rugit en passant la porte, descendit la rue, ses pneus crissèrent quand elle s'immobilisa devant le magasin d'alimentation.

Mildred secoua la tête.

-Quel homme mesquin.

-Ouais, fit Claud Emerson, il l'a toujours été, et le sera toujours, j'imagine. Je me demande où ces gosses ont passé la nuit après qu'il les eut chassés.

Durkins envoya deux éclaireurs tandis que les autres attendaient, jurant et transpirant. Un hélicoptère vrombit au-dessus d'eux, étouffa leurs voix, et disparut. Les éclaireurs revinrent.

Durkins se leva. « Allez. Encore quatre kilomètres environ. Les fauves sont là-bas, ça va. Ou bien ils reviendront cette nuit. C'est une zone de tir à volonté, et les ordres sont de tout nettoyer. Allons-y. »

Des voix bruyantes s'élevèrent de l'autre côté de la rue, et ils regardèrent l'un et l'autre dans cette direction.

-Le vieux Dave est encore après, fit Claud Emerson, en fronçant les sourcils. Il va avoir une nouvelle crise cardiaque, voilà tout.

-A quoi bon discuter ? Ici, tout le monde sait ce que pense le voisin, et personne n'a jamais changé. Alors, à quoi bon ? Elle fourra son courrier dans son sac.

-Il faut simplement faire de son mieux. Faire ce qui est bien et espérer que c'est le mieux possible. Elle fit au revoir de la main.

Elle devait encore aller chercher du fromage de ferme et du lait.

-Je vais peut-être essayer ce nouveau salami, déclara-t-elle à Peters. Donnez-m'en juste six tranches ! Je n'aime pas le garder plus d'un jour. Regardez-moi ces tomates ! Soixante-neuf cent la livre ! monsieur Peters, c'est une honte !

-Elles ont poussé dans les champs, madame Carey. En Georgie. Les frais de transport sont de plus en plus élevés, vous savez.

Il coupa soigneusement le salami, en tranches moyennement épaisses.

Une nouvelle tension les habitait et les détecteurs de mines marchaient avec précaution sur les pousses vertes.

Stilwell toussa à plusieurs reprises, manifestant ainsi sa nervosité par un glapissement qui ne signifiait rien. Durkins l'envoya à l'arrière, puis ordonna à Mike de le rejoindre. « Garde un oeil sur ce fils de pute », fit-il. Mike acquiesça et attendit que l'arrière le rattrapât. Les deux frères de l'Alabama lui lancèrent un regard inexpressif lorsqu'ils le dépassèrent. La chaleur leur était égale, songea-t-il, et il cracha. Stilwell avait l'air malade.

-C'est un piège ? demanda-t-il plus tard.

-Bordel, qui le sait ?

-La compagnie C est tombée dans une embuscade, hein ?

-Ils ont merdoyé.

Mildred posa le lait sur le comptoir, à côté du fromage de ferme. Sa robe-tablier bleue avait des cernes de transpiration sous les bras, et elle sentait une tache d'humidité dans le dos à l'endroit où la robe touchait sa peau. Cette Janice Samuels, songea-t-elle, en lançant un coup d'oeil vers la fille l'autre côté de la rue, avec son short et sans soutien-gorge, qui prétendait qu'elle s'habillait ainsi pour être à l'aise. Elle lui posait toujours des questions sur Mark. Et lui, il demandait toujours de ses nouvelles dans ses lettres.

-Ça fait un dollar et cinq cents, dit Peters.

Ils firent une nouvelle halte à moins d'un kilomètre du village. Le lieutenant demanda aux hélicoptères de les couvrir et de boucler la zone. Durkins envoya des hommes autour du village pour couvrir la route qui y menait. Ils n'avaient rien d'autre à faire jusqu'à l'arrivée des hélicoptères. Sur leur gauche, se trouvaient des terres cultivées.

-Et s'ils sont encore là ? demanda Stilwell, en attendant.

-Tu as entendu Durkins. C'est une zone de tir à volonté. Ils seront partis.

-Mais, s'ils ne sont pas partis ?

-On nettoie la région.

Stilwell n'était pas satisfait, mais il voulait pas poser d'autres questions. Il ne voulait pas entendre les réponses. Mike lui lança un regard chargé de haine. Stilwell fit demi-tour et alla regarder dans les buissons qui bordaient la route.

-Allons-y.

Ils entendirent un rugissement assourdissant et répété au-dessus de leur tête, et Mildred Carey et Peters allèrent à la porte pour regarder. Un hélicoptère vert et marron rôdait au-dessus de la rue, puis il se dirigea vers la poste, jetant une ombre grotesque sur le béton blanc. Deux autres de ces machines monstrueuses surgirent, rendant impossible toute conversation. Un autre hélicoptère apparut au nord ; leur trépidations étaient partout, comme si le ciel bleu et limpide avait lâché une pluie de ces appareils.

Depuis l'entrée du magasin d'alimentation, Bill Stokes hurla quelque chose qui se perdit dans le vacarme. Il se précipita à sa jeep, et chercha à tâtons un objet sous le siège. Il se redressa des jumelles à la main, et il se déplaça vers le centre de la rue, regardant à travers elles en direction de la route. Un des hélicoptères plongea, vira sur l'aile et fit demi-tour, arrosant l'endroit de coups de feu. Bill Stokes tomba, son corps se tordit plusieurs fois puis ne bougea plus. Les autres commençaient maintenant à courir dans la rue, montrant du doigt, criant et hurlant. O'Neal et son employé se précipitèrent sur Bill Stokes et essayèrent de le porter. Fran Marple et Dodie Wilson avaient quitté le café et se tenaient dehors devant la porte ; ils firent demi-tour et rentrèrent à l'intérieur en courant. Un camion prit le tournant à l'autre bout de la rue et l'hélicoptère fit feu de nouveau ; le camion, perdant le contrôle, télescopa les voitures garées de l'autre côté de la banque. Une des voitures fut projetée à travers les vitres de la banque. Le tonnerre des hélicoptères engloutit le bruit de la collision, et le bris des glaces, et les cris des gens qui s'enfuyaient de la banque, certains étant blessés, se tenant la tête ou le bras. Katharine Ormsby alla jusqu'au trottoir, et là elle s'effondra. Elle rampa encore quelques mètres, avant de s'étaler par terre, immobile.

Mildred Carey rentra dans la boutique, les mains sur la bouche. Soudain, elle vomit. Peters se tenait sans bouger sur le trottoir. Elle essaya de fermer la porte, mais il l'ouvrit toute grande, et la poussa vers l'Arrière-boutique. « Des soldats ! hurla Peters. Des soldats arrivent ! »

Ils entrèrent, en se tapissant, de chaque côté de la route, prêts au déclenchement des coups de feu ou à l'apparition soudaine de « claymores ». Le fracas des hélicoptères remplissait le monde tandis que qu'ils prenaient position. Le village était petit, c'était un hameau. Il n'avait pas été évacué. Le mot passe dans la compagnie : des indigènes. Ils étaient là. Un homme courut dans la rue, tenant à la main ce qui pouvait être une grenade, ou une bombe. Un des hélicoptères fit feu sur lui. Il y eut une seconde volée au bout de la route et un véhicule s'enflamma. La compagnie entrait maintenant dans le village avec circonspection. Mike maudit les indigènes stupides qui étaient restés.

Mildred ne pensait qu'à une seule chose : sa maison. Il fallait qu'elle rentre chez elle. Elle courut vers l'arrière de la boutique et emprunta l'allée qui servait aux camions de livraison. Elle courut jusque chez elle et, haletante, prise d'une crampe à la poitrine, elle se rua dans toutes les pièces pour baisser les stores et fermer les portes à clef avec des gestes frénétiques. Elle monta ensuite à l'étage, d'où elle pouvait voir toute la ville. Les soldats avançaient accroupis, des deux côtés de la route, le fusil pointé devant eux. Soudain, elle se mit à rire ; le visage ruisselant de larmes, elle se précipita en bas pour ouvrir la porte et crier : « Ce sont les nôtres », hurla-t-elle à l'adresse des gens du village, riant et pleurant tout à la fois. « Pauvres idiots, ce sont les nôtres ! »

Deux des G.I.'s habillés de l'uniforme kaki s'approchèrent d'elle, pointant toujours leur fusil dans sa direction. L'un d'eux dit quelque chose, mais elle ne comprit pas ses mots. « Qu'est-ce que vous faites ici ? cria-t-elle. Vous êtes des soldats américains ! Qu'est-ce que vous faites ? »

Le plus grand des deux l'empoigna par le bras et le lui tordit dans le dos. Elle hurla, et il la poussa vers la rue. Il parla encore mais ses mots lui étaient étrangers. « Je suis américaine ! Pour l'amour de Dieu, nous sommes en Amérique ! Qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? » Il la frappa dans le dos avec son fusil, elle chancela et se rattrapa à la barrière pour garder l'équilibre. Tout le long de la rue, les habitants étaient poussés en troupeau vers le centre de la route. Le soldat qui était entré dans sa maison en sortit en tenant le fusil de chasse de son mari, la carabine et la vieille 22 de Mark. « Arretez ! lui cria-t-elle, nous avons un permis de détention d'armes ! » Elle fut jetée à terre par le soldat qui se tenait derrière elle. Il lui hurla à la figure et elle ouvrit les yeux pour le voir viser sa tête avec son fusil.

Elle se remit sur ses pieds et avança en titubant pour rejoindre les autres dans la rue. Elle avait dans la bouche le goût du sang et une douleur lancinante la prenait à la mâchoire, là où elle s'était cassé les dents dans sa chute. Un sergent, un carnet à la main, se tenait d'un côté. Il prenait sans cesse des notes, tandis qu'un nombre de plus en plus élevé d'habitants étaient enlevés de force de chez eux et des magasins pour être amenés dans la rue.

Mike Donatti et Stilwell poussèrent dehors une vieille femme qui délirait, lorsqu'elle essaya d'attraper le fusil, Mike Donatti la jeta à terre et l'aurait sans doute tuée, mais elle pleurait, de toute évidence elle priait, et il lui fit simplement signe de se joindre aux autres qui étaient encerclés.

Le soleil était haut maintenant, la chaleur insoutenable, tandis que les gens se serraient de plus en plus au fur et à mesure des nouvelles arrivées. On entendait les pleurs des petits enfants malgré le bruit des hélicoptères. Dodie Wilson passa en courant devant la foule, nue à partir de la taille, nue et ensanglantée. Un soldat la rattrapa, et, avec un autre, ils la portèrent, se débattant et luttant, dans le magasin d'alimentation de O'Neal. Sa bouche était grande ouverte en un long hurlement sauvage. Le vieux Dave se précipita vers le lieutenant, s'accrocha à lui, vociférant contre lui d'une voix perçante, qu'ils s'étaient trompés de ville, bande d'imbéciles, et d'autres choses qui furent perdues dans le vacarme. Un garçon au visage lisse le frappa à la bouche, puis à l'estomac, et quand il tomba en gémissant, il lui donna plusieurs coups de pied à la tête. Puis il le fusilla. Mildred Carey aperçut Janice Samuels qu'on traînait par les poignets, et elle se jeta contre les soldats, qui luttèrent avec elle, la dissimulant. Ils se déplacèrent, et elle apparut allongée dans une mare rouge brillante, qui s'étendait de plus en plus. Ils attachèrent Janice Samuels à la rampe du porche du bureau d'immobilier de Gordon, lui écartèrent les jambes et une demi-douzaine d'hommes la violèrent à tour de rôle et la battirent. Le sergent hurla dans leur jargon, et les soldats commencèrent à déplacer la foule comme une masse vers l'extrémité de la ville.

Mike Donatti empoigna un pieu sur le tas grossissant des armes et regarda les gens terrorisés. Quand l'ordre fut donné d'avancer, il les poussa et les aiguillonna du bout de son bâton, et, lorsqu'il le fallait, il les frappait pour être sûr qu'ils se déplacent en bloc. Certains trébuchaient et tombaient, et s'ils ne se relevaient pas, ils étaient fusillés sur place.

Les sales enfants Henry pleuraient en réclamant leur mère. La plus grande, une fille aux cheveux blonds attachés dans le dos, s'élança dans la rue déserte. Le lieutenant fit signe aux troupes qui se trouvaient derrière le groupe, et après un temps sensiblement long, on entendit une salve de coups de feu, l'enfant fut soulevée de terre et vola un instant en l'air. Elle roula lorsqu'elle toucha terre de nouveau. Marjory Loomis se jeta au-dessus de son bébé, et une fusillade immobilisa les deux corps.

Les gens furent conduits aux limites de la ville, là où le ministère des routes avait creusé un fossé pour un canal encore inachevé. Le sergent referma son carnet et s'éloigna. On ouvrit le feu.

Les hommes comptèrent ensuite les armes, et fouillèrent méthodiquement les maisons. Quelqu'un coupa les liens d'une fille qu'on avait attachée à une rampe. Elle s'affaissa. Les incendies avaient commencé. Le lieutenant demanda aux hélicoptères de revenir pour les ramener au camp de base.

Berat marchait un bras passé autour des épaules de Stilwell, et ils riaient beaucoup. La fumée des incendies commença à se répandre à l'horizontale, haut dans le ciel. Mike alluma une autre cigarette et songea aux vertes collines froides du Vermont, et ils attendirent qu'on vînt les chercher.

Kate Wilhelm

lundi 10 février 2014

Le réveil du militarisme japonais (et la négation des crimes commis en Chine)

La Jérusalem des Terres Froides reprend ici un article du Centre de Recherches sur la Mondialisation sur le réveil du militarisme japonais et sa négation des crimes commis contre les Chinois dans les années 30. Il a été écrit par Peter Symonds, a été publié dans sa version française le 10 février 2014 et provient originellement du site trotskyste de la « Quatrième internationale » (wsws.org) où il a paru en anglais le 8 février. Le responsable de la JTF reste très méfiant de tout ce qui provient des trotskystes car il a écouté les conférences de Ludo Martens sur le sujet mais il n'en demeure pas moins que pour un cas précis comme celui-ci, l'article en question reste pertinent et important à prendre en considération dans la situation géopolitique actuelle.

Mentionnons qu'il s'agit du second article repris par la JTF concernant le Japon, après la série Le Japon : un fascisme qui a réussi de Yan Barcelo, paru ici le 19 janvier 2014. Également, il est fait mention dans le texte des esclaves sexuelles de l'armée impériale nipponne dans les années 30 et il existe un film intéressant sur le sujet, Story of a Prostitute de Seijun Suzuki (96 min. 1965), disponible sur Youtube en version originale japonaise sous-titrée français.


---Le réveil du militarisme japonais---


Par Peter Symonds
Paru sur Mondialisation.ca
Le 10 février 2014

Près de 70 ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement droitier du premier ministre Shinzo Abe est en train de rapidement remilitariser le Japon, en libérant les forces armées de toute contrainte juridique ou constitutionnelle et en révisant l’histoire dans le but de blanchir les crimes et les atrocités passés commis par l’impérialisme japonais.

Abe est engagé dans une offensive idéologique, marquée par sa visite le 26 décembre au sanctuaire Yasukuni consacré aux Japonais morts à la guerre, dont 14 criminels de guerre de classe A condamnés. Le même mois, il a nommé quatre figures de droite à des postes au conseil d’administration de l’opérateur audiovisuel public NHK afin de changer son orientation politique.

Il n’a pas fallu longtemps pour comprendre le but de ces nominations. En effet, fin janvier, le nouveau président de NHK, Katsuto Momii, a déclenché un tollé en justifiant la maltraitance de centaines de milliers de femmes réduites durant les années 1930 et 1940 en esclaves sexuelles par l’armée impériale. Momii s’éest excusé d’avoir exprimé son point de vue privé en qualité de président, sans pour autant rétracter ses propos.

Cette semaine, une autre personne nommée par Abe, Naoki Hyakuta, a déclaré que le Viol de Nankin, l’une des pires atrocités du vingtième siècle, « ne s’est jamais produit. »

En 1937, les troupes japonaises étaient entrées dans la ville et s’étaient livrées des semaines durant à une orgie de viols, de meurtres et de destruction lors de laquelle jusqu’à 300.000 civils et soldats chinois furent tués.

Et pourtant, Hykuta a affirmé que le massacre de Nankin avait été inventé de toutes pièces dans le but de couvrir les crimes commis par les Etats-Unis lors du largage de bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. C’est un argument qui jusqu’ici était utilisé par des groupes marginaux d’extrême-droite. Ces derniers justifient les crimes hideux commis par l’impérialisme japonais dans les années 1930 et 1940 en montrant du doigt ceux commis par l’impérialisme américain durant la Deuxième Guerre mondiale.

Le déni de crimes à grande échelle comme celui du Viol de Nankin n’a qu’une seule signification, c’est la préparation idéologique pour de nouvelles guerres et de nouvelles atrocités.

Le gouvernement japonais n’est pas seul en cela. Cinq ans après le déclenchement de la crise financière mondiale de 2008, le capitalisme est embourbé dans un marasme économique et une tourmente financière qui attisent des rivalités inter-impérialistes, des interventions néo-coloniales et des intrigues diplomatiques aux quatre coins du globe.

Ce n’est pas par hasard qu’Abe est en train de réveiller le militarisme japonais, le gouvernement de grande coalition en Allemagne est en train d’abandonner son ancienne politique de retenue militaire. Les gouvernements britannique et australien, entre autres, se servent de l’anniversaire de la Première Guerre mondiale pour glorifier le bain de sang qui a coûté la vie à des millions de personnes durant la lutte inter-impérialiste en faveur de colonies, de marchés et de l’hégémonie stratégique.

Le principal facteur déstabilisant de la politique mondiale est la montée du militarisme américain. Les interventions néo-coloniales menées par les Etats-Unis ont dévasté l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie. Actuellement, les Etats-Unis sont engagés au nom du « pivot vers l’Asie » d’Obama dans une terrible offensive diplomatique pour miner la Chine et l’encercler militairement.

Le gouvernement Obama est responsable d’encourager le Japon à adopter une attitude plus agressive contre la Chine en créant un nouveau point chaud dangereux dans la Mer de Chine orientale, au sujet des îles contestées Senkaku-Diaoyu. Hier, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a rencontré son homologue japonais et affirmé une fois de plus que Washington soutiendrait Tokyo dans une guerre contre Beijing au sujet de ces escarpements rocheux inhabités.

Après avoir incité le Japon à entreprendre une remilitarisation, les Etats-Unis ont mis en branle des forces politiques qu’ils ne contrôlent pas. Le gouvernement Abe, tout en réaffirmant l’alliance entre les Etats-Unis et le Japon, est déterminée à défendre les intérêts de l’impérialisme japonais.

Depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2012, Abe a augmenté le budget militaire et mis en place un Conseil de sécurité nationale pour concentrer entre ses mains la politique étrangère et la politique de défense. Il est en train de s’efforcer de mettre fin aux restrictions constitutionnelles qui pèsent sur la participation des forces armées dans des guerres d’agression.

Ce réveil du militarisme sert à la fois à poursuivre les intérêts de l’impérialisme japonais à l’étranger et à projeter vers l’extérieur, à l’encontre d’un « ennemi étranger », les tensions que suscitent la crise économique grandissante à l’intérieur du pays. Abe est arrivé au pouvoir en promettant de mettre un terme à deux décennies de déflation et de stagnation économique. Son « Abenomics » s’est cependant révélé être une chimère et a renforcé les parts de marché sans toutefois réussir à produire une croissance soutenue.

Le mois dernier à Davos, Abe a très clairement exposé son programme devant le Forum économique mondial. Il a montré clairement que l’impérialisme japonais n’est pas prêt à renoncer à sa position de puissance dominante en Asie.

Sans trop se soucier de ceux qui décrivent le Japon comme le « pays du soleil couchant », Abe a insisté pour dire qu’une « nouvelle aube » était en train de se lever. Sa description de la Chine comme nouvelle puissance agressive comparable à l’Allemagne d’avant la Première Guerre mondiale s’accompagnait d’un plan de restructuration pro-marché censé transformer le Japon en l’un des « endroits au monde les plus favorables aux entreprises. »

Il n’existe pas, au sein de l’establishment politique japonais, d’opposition significative à la dérive d’Abe vers le militarisme. Tout en exprimant des critiques mitigées à l’égard du gouvernement, le Parti démocratique du Japon, qui se trouve dans l’opposition, de même que le Parti communiste japonais, soutiennent pleinement les revendications japonaises sur les îles contestées en Mer de Chine orientale, la question centrale contribuant au regain de tensions avec la Chine.

Toutefois, la classe ouvrière a à son actif une longue histoire d’opposition au militarisme japonais. Les crimes commis dans les années 1930 et 1940 par le régime en place durant la guerre ne s’étaient pas limités à des atrocités à l’extérieur, tel le massacre de Nankin. La Tokkō, ou « police de la pensée » avait été tout aussi impitoyable que la Gestapo nazie en Allemagne pour éliminer toute forme de critique ou d’opposition, notamment parmi les travailleurs. La loi d’Abe sur les secrets d’Etat, promulguée récemment, a suscité une grande opposition au Japon parce que justement elle rappelait la loi de Préservation de la Paix de 1925 qui avait considérablement élargi le rôle de la Tokkō.

Les attaques provocatrices d’Abe contre la Chine, les commentaires faits par les personnes qu’il a nommées au NHK niant le Viol de Nankin, et les développements qui y sont étroitement liés, constituent un avertissement majeur pour les travailleurs et les jeunes au Japon et dans tous les autres pays. Les préparatifs de guerre s’accompagnent d’une campagne de mensonges et de chauvinisme qui présage une guerre de classes à l’encontre des travailleurs.


Peter Symonds

dimanche 9 février 2014

Le « satanisme » reproché à Jean-Paul Bourre par « le bon docteur Laïbi »

Le 23 janvier dernier, la Jérusalem des Terres Froides a publié un article sur l'irrationalité religieuse des soraliens avec toute la violence et l'agressivité qui en découle, Le sadisme anti-satanisme de la secte soralienne. Dans celui-ci, l'auteur y a évoqué un accrochage qu'il avait eu avec Salim Laïbi sur les forums d'E&R en 2011 à propos de l'auteur et animateur de radio Jean-Paul Bourre. Cet incident n'avait été que brièvement rapporté alors vu qu'il ne s'agissait que d'un point dans une démonstration du délire « satanique » soralien. Mais aujourd'hui, le responsable de ce site désire revenir précisément sur cette histoire et finalement sur tout ce qui concerne « Le Lard Porcin » envers Jean-Paul Bourre. En plus du petit compte personnel à régler avec le kabyle arrache-dents anti-moderne sur la question magique/ésotérique, Laurent James, dans sa propre défense contre les attaques ad hominem du même concerné, évoque lui-aussi les accusations de « saTÂNisme » portées contre Bourre (il faut savoir que James apprécie énormément Bourre, comme il l'a confié dans sa première conférence au Libre Teamspeak). Dans une tentative pathétique et dérisoire de se défendre contre la justesse des propos de « l'homme de l'eurasisme », Laïbi écrit une lettre où il évoque à nouveau le « saTÂNisme » de Bourre, avec sensiblement le même langage qu'à l'époque en 2011 (une lettre, pas une vidéo, ce qui donne à croire que le kabyle est réellement pris au dépourvu face à James). Ce retour du lieutenant de Soral sur « Bourre le vampire », « le sorcier noir sacrificateur », « l'agent du New Age saTÂNique », « le luciférien » amène votre serviteur à revenir lui-aussi sur la question et en terminer avec ce qui s'est produit en 2011.

Le samedi 21 mai 2011, Égalité et Réconciliation relayait une vidéo de Jean-Paul Bourre sous le titre : Affaire DSK, tout s'explique !. Dans le forum qui y est rattaché, le tout premier commentaire est la réaction viscérale et sans nuance (comme à son habitude) de Salim Laïbi (#16792) :

ça c’est Jean-Paul Bourre de "Radio Ici et Maintenant", c’est un sataniste de la pure espèce qui a pratiqué des rites ahurissants dans des cimetières la nuit avec offrandes sanguinolentes...
Il a écrit une flopée de livres médiocres sur la question : sorcellerie, magie, vampirisme...
Pas crédible...

Plusieurs personnes s'opposent alors à ce délire laïbesque dont votre serviteur. Celui-ci lui répond :

LLP est (...) profondément débile lorsqu’il parle de "sorcellerie". Jamais aucune vérification historique, que de grandes affirmations lancés tout à fait gratuitement et une méconnaissance grave du sujet. Outre sa très mauvaise vidéo sur la "sorcellerie des élites", un bel exemple ici avec la condamnation de Bourre comme sataniste sur la base... des titres de ses livres !
(...)
Je veux bien croire que la magie ou la sorcellerie ne sont pas des sciences exactes mais ce n’est pas une autorisation pour partir sur toutes sortes d’élucubrations. Et l’appartenance à une religion comme le Catholicisme ou l’Islam ne donne pas plus carte blanche pour écrire n’importe quoi sur la sorcellerie. 
Si LLP n’a pas la culture pour bien aborder la question des pratiques occultes de l’élite mondialiste, qu’il laisse le sujet à d’autres. Autrement, il ne fera que complexifier le problème et y jetant plus de confusion.

Il est à noter que le passage coupé ici est ce genre de « lèchecutage » que votre serviteur se sentait obligé de faire pour éviter d'avoir encore toute la meute enragée sur le dos car non, l'auteur de ces lignes n'a jamais trouvé « Le Lard Porcin » remarquable même lorsque celui-ci parle de la santé et des scandales pharmaceutiques. Les citations présentées jusqu'ici se retrouvent dans l'article du 23 janvier et nous arrivons maintenant à cette suite qui avait été laissé de côté la dernière fois. À ce que vous venez de lire, voici plus précisément quelle fût la réponse du « blédard guénolâtre » au responsable de la JTF  et à tous ceux qui ont contesté « le diagnostic du bon docteur Laïbi (#17002) :

Bonjour !
J’observe plusieurs critiques sur mes compétences en satanisme ! Certes j’en ai pas, pas de DEA ni aucun doctorat en découpage de nouveau-né fraichement déterré... Et tant mieux, ce n’est même pas dans mes projets.
Mais qu’elles sont vos compétences vous pour en parler ? Quand je dis vous je m’adresse à "Fan De Jean-Paul Bourre" et "Charles Tremblay". Vous connaissez quoi dans ce domaine éminemment spirituel ?!
"Sataniste et alors" me dit-il ?!! Ben rien, vivons avec des satanistes mais à ce moment ne critiquons plus DSK et ses frasques, les rituels pédophiles des élites et les sacrifices d’enfants que l’on connait que trop...
A la lecture de quelques ouvrages (en totalité pour des raisons de recherches) de M. Bourre je vous dis clairement que c’est de la mer.., mal écrit, noir, voire rouge sang et satanique.
Autre chose, faire un sacrifice rituel au Père Lachaise (ce qui est gravement ILLEGAL) avec des ossements humains (profanation) de tombes d’anciens satanistes... est grave, ce n’est pas folklorique, c’est DANGEREUX.
Aborder de surcroit la satanisme avec la raison positivisto-matérialiste est une impasse.
Toutes les traditions (même l’Islam) ont sombré dans le satanisme par certains de leurs membres. Le paganisme n’est pas la religion de l’Occident depuis des millénaires, il ne faut donc pas en parler comme une tradition vivante avec des centres spirituels forts. Il n’y a qu’à voir la dérive, je dirai même la chute honteuse d’un de ses représentants comme A. De Benoist (froussard vendu à l’empire en direct sous nos yeux dans CSOJ ou certains de ses écrits comme par hasard). Le paganisme a été remplacé par le christianisme comme à chaque fois qu’une tradition dégénère. Lire pour comprendre ce processus millénaire et universel les ouvrages de René Guénon ou de Julius Evola.
Le satanisme (son expression folklorique) n’est rien comparé à son projet initial. C’est une affaire bien trop sérieuse. Rien n’est plus grave et sérieux que cette affaire concernant l’Homme. RIEN. C’est une question de paradigme, encore et toujours.
@ Charles Tremblay : quand tu auras lu des centaines de livres sur la question (de traditions différentes) tu comprendras peut-être ce dont il est question. Pas avant, certainement pas.
Il ne vous reste plus qu’à vous procurer ses mauvais livres en occase et perdre votre temps à les lire comme je l’ai malheureusement perdu ainsi que bien d’autres plus sérieux.

Inutile de vous cacher que votre serviteur n'a pas apprécié de se faire dire qu'il « ne comprend rien à la question ». Encore aujourd'hui, il relit ce commentaire alors qu'il le copie-colle ici et en est encore troublé de constater l'effronterie et l'arrogance du gros kabyle qui au final, est vraiment celui qui ne comprend rien à rien en ésotérisme. À ce nouveau commentaire, « Dorpxam » enchaîne (#17031) :

Cette explication est plus satisfaisant même si je trouve que le "un sataniste de la pire espèce" initial est démesuré. Tu compare un petit larcineur de pomme à Bernard Madoff. Fait gaffe quand même, la radicalité même si elle est entièrement justifiée par de bon sentiments mène à l’Inquisition. Un certain Giordano Bruno (1548-1600) pourrait te l’expliquer mieux que moi. Tu connais bien cette histoire, il me semble que tu y fait allusion dans une de tes vidéos (d’ailleurs, on t’entends plus beaucoup ces derniers temps ?)

Ce qui lui vaut cette réponse de « l'arracheur de dents grand connaisseur en ésotérisme » (#17046) :

C’est qd même un sataniste qui a publié des dizaines d’ouvrages et qui a une émission radio "Ici et maintenant" dans laquelle il diffuse sa spiritualité dégénérée ! C’est une radio purement New Age qui est le bras armé flowerisé du satanisme moderne.
Ce n’est pas rien ! C’est de la propagande effective et bien réelle.

Et finalement, cette « discussion Jean-Paul Bourre » se termine par deux réponses au lieutenant de Soral. Celle de « Dorpxam » (#17085) :

@ LLP - Mon pauvre ami, tu dois être bien malheureux car permet moi de te dire que tout est sataniste dans ce bas monde alors. Je suis moins choqué par une mec comme JP Bourre qui, comme d’autres l’on bien dit, n’a pas tué personne ni agressé quiconque. C’est un allumé peut être.
Mais je suis plus choqué de me dire que nos enfants qui traversent le centre ville se trouvent confrontés à des images de gonzesses à poil une main sur le poitrine, un doigt dans la bouche (ou plus explicite). Voir les Une d’Entrevue ou similaire sur les présentoirs de librairie sur le trottoir.
Je suis d’accord avec toi sur bon nombre de sujet. Mais attaque toi plutôt au système qu’aux individus. Bourre ne fait pas partie de l’oligarchie mondialiste ou alors explique moi ?

Suivi de celle de Charles Tremblay (#17255) :

LLP m’écrit : « Vous connaissez quoi dans ce domaine éminemment spirituel ?! » pour ensuite me dire que je n’y comprends rien parce je n’aurais pas lu « des centaines de livres (de différentes traditions) sur le sujet ». Pire, je ne comprendrais peut-être toujours pas après ces lectures (une insulte gratuite à mon intelligence).
Ce que LLP semble ignorer, c’est que je les ai fait, ces "centaines" de lectures. Ayant fait mes études universitaires en histoire des religions et ayant travaillé cinq ans dans une librairie ésotérique, j’ai lu suffisamment sur la question pour n’avoir rien à envier à LLP. Je suis assez renseigné pour constater les amalgames, les conclusions hâtives et les erreurs historiques dans son discours anti-satanique.
Il est vrai que la « raison positivisto-matérialiste » a ses limites. Mais cela ne signifie pas qu’on puisse dire n’importe quoi pour autant et que la rigueur de la science historique n’est plus de mise. Confondre religion vaudou et sorcellerie n’est qu’un amalgame injustifiable (préjugé musulman anti-vaudou ?). Dire que Kadhafi est satanique parce qu’on a retrouvé quelques livres de kabbale dans une de ses demeures n’est qu’une conclusion hâtive. Décrire le New-Age comme le "bras armé du satanisme moderne" est réducteur et historiquement faux.
Je comprends et partage l’inquiétude du LLP sur la question des pratiques occultes de l’élite mondialiste. Mais LLP commet trop d’erreurs lorsqu’il parle de ce sujet, il semble ne pas être capable de garder son sang-froid et s’emballe pour un rien. Malgré ses prétentions, il est très mal renseigné et semble s’être surtout attaché aux publications sensationnalistes sur le sujet. Dommage car tout cela ne nuit pas à l’Empire, au contraire.
N.B. Je critique LLP dans les erreurs grossières de sa croisade anti-satanique mais je ne prends pas la défense de Bourre pour autant (que j’ai toujours trouvé trop "show-off" à mon gout).

Après ça « Llp » n'a pas insisté. À la lecture de sa réponse à Laurent James, on voit qu'il n'a aucunement changé d'idée par rapport à Bourre. Même que si Laïbi, à son second commentaire, se montrait plus relatif (« c’est de la mer.., mal écrit, noir, voire rouge sang et satanique »), dans sa réponse au lecteur de Parvulesco, il revient avec « sataniste fini ».

Dans ce même second commentaire, le « dentiste anti-satanistes » évoque le sacrifice rituel qu'avait Jean-Paul Bourre de nuit au cimetière Père-Lachaise pour les caméras d'Antenne 2. Depuis cette époque et encore aujourd'hui, l'auteur de ces lignes soupçonne Laïbi de ne connaître de Bourre, à part un survol rapide de ses plus vieux livres, que ce qu'il a lu dans l'Enquête sur l'existence des anges rebelles d'Édouard Brasey où ce dernier raconte sa rencontre avec l'ex-Témoin de Lucifer (J'ai Lu, 1995, p.103-108). Afin de prendre au piège le « docteur grotesque » dans ses citations anti-sataniques sur l'animateur-radio d'Ici et Maintenant, le responsable de la Jérusalem des Terres Froides a décidé de vous présenter ici l'extrait en question, que vous retrouverez à la toute fin de l'article. Votre serviteur estime que c'est très révélateur des procédés de Laïbi bien qu'en réalité, pas besoin d'en rajouter, le fouille-merde pour Soral est déjà très largement discrédité.

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Comme vous pouvez le constater, parce que Bourre a égorgé des poulets dans des cimetières et qu'il a prononcé des noms réprouvés par les mythologies islamo-chrétiennes, Laïbi le considère comme un « saTÂNiste fini ». Il y a pourtant des gens qui ont commis des actes infiniment pires. Pendant la guerre dans les années 40, il y a eu en Biélorussie, en Ukraine, en Russie des troupes nazis qui ont raflés des villages entiers pour enfermer leurs habitants dans l'église locale et y foutre le feu, sortant l'alcool et se faisant une petite fête entre amis en regardant ce « feu de joie » (vous en avez une bonne illustration à la fin du film Viens et regarde d'Elem Klimov, 1984). L'auteur de ces lignes ne sait pas trop c'est quoi le « satanisme » mais quand même, il semble que ce dernier cas mérite infiniment plus le qualificatif de « sataniste fini » qu'un « trip » d'adolescence dans des cimetières, même si au niveau sanitaire, y égorger des poulets n'est pas la chose la plus intelligente. Et il ne faut pas dire que ça n'a pas d'importance. Le principe de justice veut qu'aux accusations les plus graves, elles se doivent d'être les plus précises possible. Pas un mot-foutoir comme « satanisme » où on y mélange tout ce qui relève de l'ésotérisme, des superstitions sur la magie, des massacres de guerres de par le monde, de la violence faite aux enfants et des élucubrations islamo-chrétiennes sur la « démonologie » et le « paganisme » (sans y oublier la finance juive, pendant qu'on y est !). Déjà là. c'est accablant pour le « Llp ».

Il y a encore plus grave. Laïbi accuse Bourre d'être un « saTÂNiste » fini en raison d'un rituel avec sacrifice de poulet que Bourre a voulu faire pour impressionner les massmédias il y a de ça près de 35 ans. C'est une chose. Mais dans l'extrait du livre de Brasey, le passage sur Bourre se termine sur le retour au christianisme de ce dernier. Ce passage, votre serviteur refuse de croire que Salim Laïbi ne l'a pas lu. L'auteur de ces lignes est convaincu que le lieutenant de Soral l'a lu mais l'a rapidement laissé de côté car cela ne convenait pas à son discours « anti-saTÂNisme » qu'il était entrain de se construire sous prétexte de « recherches dans l'ésotérisme ». En 2011, Charles Tremblay n'avait peut-être pas fait ces « centaines de lectures (toutes traditions) » mais il avait lu ce passage de l'Enquête sur l'existence des anges rebelles et savait bien de fait que les histoires de « sataniste fini » de Laïbi ne pouvaient qu'être des conneries.

Il est à noter que ce retour au christianisme de Bourre aurait dû faire surgir dans l'esprit de Laïbi ces cas qu'il connaît de « "satanistes" vrais qui se sont rapproché de leur religion chrétienne après le réveil aux réalités de ce monde », tel qu'il l'a écrit lui-même dans sa défense de Laurent James sur le forum de Novus Ordo Seclorum le 11 juin 2011 (repris ici à l'article sur le décès de Sylvie Simon). Mais bon, on connaît l'expression : « Qui veut tuer son chien l'accuse d'avoir la rage ». Surtout que le dentiste kabyle, au sein de la bande des zigotos du soralisme, n'a que ses discours « ésotériques » anti-satanisme anti-sorcellerie pour se démarquer des autres et se faire son propre fond de commerce. C'est pourquoi il insiste tant pour dire que les autres n'ont pas le niveau pour parler de ces choses-là, qu'ils sont des « bleus ». C'est pourquoi il insistera toujours pour dire que Bourre est l'un des pires individus qui puisse exister.

Salim Laïbi se targue de s'y connaître en ésotérisme suite à ses lectures mais même sans avoir le livre de Brasey entre les mains, il est facile de constater que l'accusation de « saTÂNisme » contre Bourre est injustifiée. Les lecteurs de ces lignes n'ont qu'à se rendre sur Dailymotion écouter l'entrevue qu'il a donné et titré Paganisme et résistance identitaire. À l'écouter, avec son « paganisme enraciné », avec des ex-votos retrouvés dans son puit, son désir de retrouver son héritage gaulois et celtique sans pour autant aller brûler des églises comme cela s'est vu en Norvège, on réalise rapidement que l'auteur de Sorcières d'hier et d'aujourd'hui n'a rien à voir avec un « saTÂNiste fini ». Même que dans cette émission, on pose à Bourre la question de ce qu'il pense aujourd'hui de la wicca, du luciférisme, du gothisme et tout ce genre de chose et il répond directement que c'est de la merde. Est-ce une réponse de « saTÂNiste fini », ça ? Personnellement, l'auteur de ces lignes regrette un peu cette réponse de Bourre car ces « wicca » , « lucifériens » et autres « gothiques » sont quand même ceux qui lui ont permis de se rendre là où il est aujourd'hui. C'est un peu ingrat de sa part de leur cracher dessus à présent, lui qui a écrit en tant que connaisseur du gothisme dans le collectif Goth : Le romantisme noir de Beaudelaire à Marilyn Manson en 2005.

Votre serviteur a recopié les passages de son accrochage avec « Llp » en 2011 pour « vider la question » mais il réalise à présent que son article est déjà long avec la citation du livre de Brasey, il s'arrêtera donc ici pour l'heure. Comme d'habitude, « il y en a encore tellement à dire » et il faudra y revenir, tant et aussi longtemps que le soralisme cherchera à s'étendre comme un nouveau mondialisme. Terminons en mentionnant que dans l'extrait ci-dessous, il y a une mention de la « quête pour la chaîne vampirique » de la sorcière Hécate, la même qui voulait aller passer une nuit au mausolée de Maria de Naglowska au Père-Lachaise et qui a aujourd'hui un cabinet de consultation à Paris.


---Enquête sur l'existence des anges rebelles : Jean-Paul Bourre---


La messe rouge du Père-Lachaise

Par une froide nuit de janvier 1980, le cimetière du Père-Lachaise servit de décor à une authentique « messe rouge », rituel sanglant impliquant un sacrifice animal. Il y en eut sans doute bien d'autres, mais celle-ci eut l'honneur d'être filmée par les caméras d'Antenne 2 grâce aux soins du réalisateur Allain Bougrain-Dubourg, pour les besoins de l'émission « Mi-fugue mi-raison » consacrée à la parapsychologie. Toutefois, les téléspectateurs avides de sensations fortes regrettèrent une fois de plus le paiement de leur redevance. En effet, la mairie de Paris interdit au dernier moment la diffusion de ce reportage, aux motifs qu'il aurait pu choquer les âmes sensibles et encourager les autres à commettre des sacrilèges et des violations de sépultures.

La presse de l'époque en fit des gorges chaudes : « J'irai tourner sur vos tombes » ; « La Messe Rouge ! », titrait France-Soir. « Les téléspectateurs ne verront pas la Messe Rouge filmée par Antenne 2 au cimetière du Père-Lachaise - Une exclusivité censurée - Les folles nuits du Père-Lachaise », renchérissait Le Quotidien de Paris. Dans Paris-Match, Jean Cau, qui avait assisté à la cérémonie, s'exclamait : « C'était fou, mais la beauté violée par la folie, était heureuse, et j'en témoigne... »

A défaut d'images télévisées, de nombreuses photos furent publiées dans les journaux. Sur l'une d'entre elles, on voyait des conjurés, enveloppés dans de larges capes noires et le visage dissimulé sous une cagoule, agglutinés autour d'une tombe sur laquelle avaient été disposés des cierges et un drap noir couvert d'inscriptions kabbalistiques : Ausoï, Uliro, Orilu, Sisis. Sur une autre, le Grand Prêtre, barbu, aux longs cheveux bruns et au regard voilé d'un loup de velour, buvait le sang d'un coq fraîchement égorgé en lui suçant la carotide !

Ce Grand Prêtre était Jean-Paul Bourre, écrivain luciférien et apôtre du « Romantisme noir ». Il rapporte son aventure au Père-Lachaise dans certains des nombreux ouvrages qu'il a consacrés au vampirisme et au luciférisme (1). Il raconte ainsi comment il est allé prélever de la terre dans les ruines du tombeau de Dracula, dans l'île de Snagov, en Roumanie, pour la disperser au fond d'une crypte du Père-Lachaise afin d'y pratiquer des opérations de nécromancie, notamment cette fameuse « messe rouge ».

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Sur le catafalque de pierre sont posés le drap de soie noire, le calice d'or rempli d'ossements humains, le poignard du sacrifice, le pentagramme d'invocation et le grimoire servant à l'appel des divinités noires. Tout est prêt pour le sacrifice. Bourre savoure déjà « l'appel aux puissances, la réconciliation de l'homme avec la peur, la fascination des Ténèbres dont la beauté a été oubliée par l'homme de la multitude ».

Il s'écrit :

- Seigneur de la Mort et de la Résurrection, Seigneur dispensateur de vie, toi dont le nom est le mystère des mystères... descends dans ton serviteur qui célèbre ton culte ! Lucifer, Léviathan, Satan, Bélial... recevez ce sacrifice !

Bourre lève son poignard magique, tandis que, dans le calice d'or, les os broyés en poudre se consument avec des pastilles d'encens, répandant une puanteur insoutenable. Il exhorte à nouveau le prince des Ténèbres :

- Lucifer, sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ? « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, as-tu dit. Je lui donnerai pouvoir sur les vivants et les morts. » Comme tu me l'as promis, je viens réclamer ce pouvoir, pour celui qui siège sur la montagne du Plus-Lointain Minuit et dont l'esprit demeure dans cette terre consacrée, par celui qui commande aux loups et aux chauves-souris, Fais que son esprit pénètre dans ce lieu et l'arrache à la mort.

D'une main puissante, gantée de cuir noir, Bourre maintient le coq sur le catafalque, tandis que l'autre, armée du poignard, est toujours levée. Le coq, hypnotisé par la flamme du cierge qui brûle devant lui, cesse de se débattre. Bourre continue à évoquer l'esprit de Dracula. A travers ce sacrifice sanglant, il cherche en effet à rejoindre la chaîne vampirique : quiconque en fait partie accède à la vie éternelle. Il hurle :

- Seigneur ! Tu désires le sang et tu apportes aux mortels l'épouvante. Reçois à nouveau ce sang qui donne la vie !

Le poignard s'abat. La bête est décapitée du premier coup. Sa tête roule sur la pierre et le sang coule. Bourre brandit la dépouille au-dessus de la tombe ouverte :

- Ange plein de Ténèbres ! Je bois le sang de tes treize plaies !

Le voici qui aspire goulûment le sang noir qui lui tombe sur la barbe, sur les mains, sur la cape, avant de se mêler à la terre du vampire, importée du tombeau du prince Dracula. Le sacrificateur laisse retomber l'animal au fond de la tombe sur laquelle il se penche pour poursuivre ses évocations diaboliques :

- Esprit de l'Ombre, toi qui repose dans cette terre, viens à nous avec ton amour, ta souffrance et ton sacrifice. Que ton ancienne entre en nous et parle par ma bouche. Montre-nous ta réalité, afin que nous puissions croire à la puissance de la volonté sur la mort.

La cérémonie s'achève. Les conjurés en cagoule noire n'ont plus qu'à plier bagage, tandis que les journalistes d'Antenne 2 se hâtent d'aller monter ce reportage exclusif qui ne verra jamais le jour.

Si elle ne fut jamais diffusée, la messe rouge du Père-Lachaise fit pourtant un joli scandale chez les bonnes gens qui se crurent revenus brusquement aux temps de l'obscurantisme. Et Jean-Paul Bourre de conclure :
« Rares furent ceux qui comprirent du regard le luxe d'un cimetière à minuit, le privilège d'être seul, au fond d'une crypte où dort la poussière des siècles, à l'heure où l'homme ronfle au rythme d'un réveil-matin. Rares furent ceux qui comprirent les noces de l'homme et de la nuit dans ces chambres de pierre, belles comme les temples des cités mortes que l'homme découvre derrière la fièvre. Folie ! Fièvre ! Splendeur d'une solitude imprenable, plus haute que les murs les plus hauts d'un cimetière ! » (2)

Jean Cau, dans Paris-Match, faisait écho à ce lyrisme de l'ombre. Après avoir suivi toute une nuit Jean-Paul Bourre et ses Témoins de Lucifer dans leurs rituels sanglants, il exprimait à ses lecteurs son enthousiasme :

« Et alors, figurez-vous, ce fut extraordinairement beau. Brusquement, surgie je ne sais d'où, une beauté sacrée avait surgi de terre, une beauté était au rendez-vous de la malédiction et de la folie et doucement m'étreignait. J'étais figé. Je regardais. Tout, soudain - la nuit, les tombes, les silhouettes raides des officiants, les flammes affolées des bougies, cette bête pantelante entre les mains noires sur les dalles, cette tache rouge de l'hostie, ce long ululement de chien, là-bas -, tout était complice d'une beauté perdue et d'une grandeur damnée. Et un ange aux ailes lourdes volait au-dessus des tombes oubliées... Et les visages tremblent, éclairés en contreplongée par la flamme des cierges ; les croix, on dirait qu'elles se tordent et flambent sur toutes les tombes ; la terre, on dirait qu'elle est chaude sous les pieds ; le chien, là-bas, on dirait qu'il écoute et qu'il est dompté. Une fille encagoulée vacille et gémit. Un acolyte la soutient et l'enveloppe dans sa cape d'enterrement, comme dans une aile noire. » (3)

Congrès luciférien et réunion de vampires

Deux ans après sa messe rouge, Jean-Paul Bourre organisa, en compagnie du sorcier Octave Sieber, le premier Congrès européen des lucifériens à Paris, qui fut interrompu le deuxième jour... par plusieurs dizaines de représentants de la S.P.A. et de la Ligue contre la vivisection qui accusèrent les lucifériens de sacrifier des animaux et pillèrent la salle aux cris de « Suppôts de Satan, assassins ! » (4) 

Parmi les amateurs de sorcellerie ou de mascarades diaboliques, ce Congrès avait attiré quelques sommités du luciférisme, notamment la sorcière et médium Catherine Lysa, que nous rencontreront plus loin, et le « vampire » anglais David Farrant, inculpé plusieurs fois pour viol et profanation de sépulture, célébration de rites sataniques et détention d'armes.

Se trouvait là également la future sorcière luciférienne Hécate, accompagné d'un ami, Jean-Marie. Tous deux cherchaient à intégrer la « chaîne vampirique », en multipliant les rituels destinés à les relier à leur « maître-vampire », à savoir un être ayant dépassé la mort et vivant éternellement grâce aux rites de sang. Leur modèle était le prince Vlad de Valachie (1431-1476), dit Vlad Tepes, dit l'Empaleur, dit le Diable, dit Dracula, membre de l'ordre du Dragon renversé, grand pourfendeur de Turcs, et modèle historique du célèbre Dracula de Bram Stoker.

Quelques mois plus tard, cette quête vampirique a conduit Jean-Marie à la mort volontaire. Hécate, elle, a préféré demeurer sur cette rive de la vie. En dix ans, elle s'est imposée comme l'une des sorcières lucifériennes les plus recherchées. Après avoir longtemps consulté à Neuilly, elle accueille aujourd'hui ses clients dans un vaste cabinet situé dans le XVIe arrondissement parisien, entièrement décoré de diables et de symboles rituels. Mais, elle n'a pas abandonné le projet de renouer avec la « chaîne vampirique ». Avec Jacques, son mari, elle s'est rendue à Venise en septembre 1994, sur les traces d'un antiquaire « vampire » qui y aurait vécu jusqu'à ces dernières années avant de s'évanouir en fumée. Mais le voyage n'a rien donné. A son retour, elle m'a confié :

- Cela fait quinze ans que je cherche mon « maître-vampire ». et je ne l'ai toujours pas trouvé. Avec Jacques, nous avons suivi toutes les filières vampiriques révélées par Jean-Paul Bourre dans ses livres. En France, en Roumanie, à Venise. Mais il y a toujours un moment où le fil s'interrompt...

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Aujourd'hui, quinze ans après la messe rouge du Père-Lachaise, treize ans après le Congrès luciférien, Jean-Paul Bourre a totalement abandonné ses références lucifériennes et s'est débarrassé de sa panoplie de sorcier, à l'exclusion d'un poignard magique, au manche orné d'un bouc satanique aux yeux de sang et à la lame couverte de runes sacrées, qui appartenait à Jean-Marie, son ami suicidé, et qu'il conserve en souvenir. Chez l'ex-Grand Prêtre des Témoins de Lucifer, parmi les multiples rayonnages de livres, les objets les plus inquiétants sont des soldats de plomb qui simulent un combat. Le sol n'est pas jonché de crânes humains ou de dépouilles de coqs noirs, mais de ballons et de peluches avec lesquels jouent ses deux jeunes enfants. Sur une étagère, un Christ en croix. L'apôtre de Lucifer est-il revenu dans le giron de l'Eglise ?

- Je n'ai jamais cessé d'être chrétien, me répond-il avec conviction. Avant d'égorger des poulets dans les cimetières, j'avais passé cinq mois chez les Trappistes. Je souhaitais devenir moine. Mais mon esprit frondeur me poussait à cacher des ouvrages de magie noire sous l'autel où se disait la messe... J'ai toujours aimé dynamiter les conventions, les idées reçues, les dogmes, la bigoterie. A travers les rituels de sang, je voulais sans doute provoquer le bourgeois, mais je cherchais surtout à me confronter à ma propre mort, et à exorciser ma peur. Aujourd'hui, je le fais d'une autre manière, par exemple en allant observer de près ce qu'est la guerre dans l'ex-Yougoslavie. La seule chose qui m'intéresse, c'est de traquer le sentiment du sacré qui se cache derrière les rituels liés à la mort : la guerre, les sacrifices, les funérailles, les expériences aux frontières de la mort... (5)


Édouard Brasey

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1: Jean-Paul Bourre, Messes rouges et romantisme noir, Editions Alain Lefeuvre, 1980, et Le sang, la mort et le diable, Henri Veyrier, 1985.

2 : Jean-Paul Bourre, Messes rouges et romantisme noir, op. cit.

3 : Jean Cau, « Ma nuit avec les Témoins de Lucifer », Paris-Match du 25 janvier 1980.

4 : Cf. Le matin de Paris Magazine, 6 mars 1982.

5 : Jean-Paul Bourre s'est posé récemment la question de l' « après-mort » dans Voyage au centre de la vie, Robert Laffont, collection « Les Enigmes de l'univers », 1993